IV - DIRES ET ECRITS DES IMAMS ET SAVANTS AU SUJET DU TASSAWOUF
al-Hassan
al-Basri (d. 110)
L’un
des premiers Soufis formels dans le sens littéraire et général,
puisqu’il vêtit toute sa vie un manteau de laine (souf).
Le fils d’une esclave libérée de Oumm Salama (la femme
du Prophète
), et
d’un esclave affranchi de Zayd ibn Thabit (le fils adoptif du Prophète
), ce grand Imam de Basra,
le leader des saints et des savants de son temps, était connu pour
sa stricte observance de la Sunna du Prophète
.
Il fut aussi fameux pour son immense savoir, son austérité
et son ascétisme, ses intréprides reproches aux autorités,
son pouvoir d’attraction par la parole et par ses apparitions.
Ibn al-Jawzi écrit un livre de 100 pages sur sa vie et ses caractères
intitulé Adab al-Chaykh al-Hassan ibn al-Hassan al-Basri.
Dans son chapitre sur al-Hassan dans Sifat al-safwa, il mentionne qu’al-Hassan
laissa un manteau blanc (joubba) en laine, c’est le seul
vêtement qu’il avait revêti au cours des vingt-cinq
dernières années de sa vie, en été comme en
hiver, et que lorsqu’il mouru, il était d’une impeccable
beauté, propre, et de bonne qualité.[45]
Dans
le livre qu’il consacra aux dires et aux actions des Soufis, Rawdat
al-mihibbin wa nouzhat al-moushtaqin (Le jardin des amoureux et l’excursion
des nostalgiques), Ibn Qayyim rapporte:
Un
groupe de femmes sortirent le jour de la `Id et regardèrent les
gens. On leur demanda: «Quelle est la personne la plus belle que
vous avez vue aujourd’hui?» Elles répondirent: «C’est
un cheick portant un turban noir.» Elles voulaient dire Hassan al-Basri.[46]
Le
maître de hadiths Abou Nou`aym al-Isfanahi (d.430) mentionne dans
ses biographies de Soufis intitulées Hilyat al-awliya'
(L’ornement des saints) que c’est le disciple de Hassan al-Basri,
`Abd al-Wahid ibn Zayd (d.177) qui fut la première personne à
construire un hospice spirituel (khaniqa soufi) ou maison de
l’hôte et une école à Abadan qui de nos jours
fait frontière entre l’Iran et l’Iraq.[47]
Ce
fut sur les bases de Hassan al-Basri et sur la renommée de ses
disciples reconnus comme Soufis qu’Ibn Taymiyya dit dans son essai
al-Soufiyya wa al-fouqara: «L’origine du tassawwouf
est Basra».[48] Ceci une est déclaration
trompeuse qui équivaut à accuser al-Hassan d’avoir
inventé le tassawwouf. Au contraire, Basra est en tête parmi
les places renommées pour le développement officiel des
écoles de purification qui vinrent à être connues
comme tassawwouf et dont les principes ne sont rien d’autre que
le Coran et la Sunna comme nous l’avons déjà démontrer
abondamment.
Ghazali
rapporte les dires de al-Hassan sur la jihad al-nafs dans la
section de son Ihya' intitulé Kitab riyadat al-nafs
wa tahdhib al-akhlaq wa mou'alajat amrad al-qalb (Le livre du dressage
de l’égo et la discipline des comportements et la guérison
des maladies du cœur):
Deux
pensées parcourent l’esprit, une provenant d’Allah,
une provenant de l’ennemi. Allah couvre de miséricorde un
serviteur qui s’installe dans la pensée qui vient de Lui.
Il étreind la pensée qui vient d’Allah, tandis qu’il
lutte contre celle qui vient de l’ennemi. Pour illustrer l’attraction
mutuelle du cœur entre ces deux pouvoirs, le Prophète
dit: «Le cœur du croyant repose entre deux doigts du Miséricordieux»[49]…
Les doigts signifient le bouleversement et l’hésitation dans
le cœur… Si l’Homme suit les ordres de la colère
et de l’appétit, la domination de satan apparaît en
lui à travers les passions oisives (hawa) et son cœur
devient le nid et le contenant de satan, qui se nourrit de passions. S’il
combat ses passions et ne les laissent pas dominer son ego, imitant en
ceci le caractère des anges, à ce moment son cœur devient
le lieu de quiétude des anges et ils s’y posent.
Une
mesure de la dimension du scrupule (wara') et de la peur de Hasan
Al-Basri envers Allah est illustrée par sa déclaration suivante,
citée aussi par Ghazali:
L’oubli
et l’espoir sont deux puissantes bénédictions sur
les descendants d’Adam; mais pour cela les Musulmans ne devraient
pas marcher dans les rues.[50]
Imam
Abou Hanifa (d.150)
Ibn
`Abidin rapporte dans son al-Dourr al-moulkhtar que l’Imam
Abou Hanifa dit: «Si je n’avais pas eut deux années,
j’aurais péri.»
Ibn
`Abidin commente:
Pendant
deux années, il accompagna Sayyidina Ja`far al-Sadiq et il acquit
la connaissance spirituelle qui fit de lui un gnostique dans la Voie…
Abou `Ali Daqqa (le cheick de l’Imam Qouchayri) reçu l’initiation
d’Abou al-Qasim al-Nasiribadi, qui la reçu d’al-Chibli,
qui la reçu de Sari al-Saqati qui la reçu d’al-Ma`rouf
al-Karkhi, qui la reçu de Dawoud at-Ta`i, qui reçu les deux
connaissances, l’interne et l’externe de l’Imam Abou
Hanifa.[51]
Soufyan
al-Thawri (d.161)
Ibn
Qayyim al-Jawziyya rapporte dans Madarij al-salikin, et Ibn al-Jawzi
dans le chapitre intitulé «Abou hashim al-Zahid»
dans son Sifat al-safwa après le maître de hadiths
Abou Nou`aym dans son Hilyat al-awliya', que Soufyan al-Thawri
dit:
Si
ce n’était pas à cause d’Abou Hachim al-Soufi
(d.115), je n’aurais jamais perçu la présence des
plus subtiles formes d’hypocrisie en moi … Le meilleur est
le Soufi érudit en jurisprudence.[52]
Ibn
al-Jawzi rapporte aussi le passage suivant:
Abou
Hachim al-Zahid dit: «Allah a marqué l’aliénation
sur le monde afin que la compagnie fraternelle des mouridin (les aspirants)
ne consiste qu’à être uniquement avec Lui et non avec
le monde, et afin que ceux qui Lui obéissent viennent à
Lui en négligeant le monde. Le Groupe des connaisseurs d’Allah
(ahl al-ma`rifa billah) sont étrangers dans le monde et
ont très envie de l’au-delà.»[53]
Imam
Malik (94-179 H/ 716-795)
Un
savant de Madina, fut connu pour sa grande piété et son
amour pour le Prophète
,
qu’il aimait et vénérait à tel point qu’il
ne montait jamais à dos de son cheval dans les limites de Madina
en guise de respect à la terre qui contenait le corps du Prophète
, il ne rapportait aucun
hadith sans avoir accompli d’abord son ablution. Ibn al-Jawzi rapporte
dans le chapitre intitulé «La couche 6 des gens de Madina»
dans son livre Sifat al-sawfa:
Abou
Mous`ab dit: J’entrai pour voir Malik ibn Nas. Il me dit: "Regarde
à ma place de prière ou sous ma natte de prière voit
ce qu’il y a". Je regardai et j’y trouvai une certaine
écriture. Il me dit : "Lis la!" Je constatai qu’elle
contenait le récit d’un rêve que l’un de ses
frères avait fait et qui le concernait. Il dit (lisant ce qui était
écrit): «Je vis le Prophète
dans mon sommeil. Il était dans sa mosquée et les gens étaient
autour de lui, et il dit: J’ai caché sous ma chaire (minbar)
une bonne chose – ou une connaissance – et j’ai ordonné
à Malik de vous la distribuer.» Malik alors pleura, je me
levai et pris congé de lui.[54]
Juste
comme Abou Hanifa et Soufyan al-Thawri implicitement affirmèrent
la nécessité de suivre la voie soufie afin d’acquérir
la perfection, l’Imam Malik ordonna explicitement la pratique du
tassawwouf dans sa déclaration suivante comme un devoir des savants:
"Quiconque
pratique le Tassawwouf sans étudier la Loi Sacrée (la jurisprudence)
corrompt sa foi, alors que quiconque étudie la Loi Sacrée
(la jurisprudence) sans pratiquer le Tassawwouf est un hérétique.
Seulement celui qui combine les deux atteindra la vérité."
Cette
déclaration est rapportée par le mouhaddith Ahmad Zarrouq
(d.899), le hafiz `Ali al-Qari al-Harawi (d.1014), les mouhaddiths `Ali
ibn Ahmad al-`Adawi (d.1190) et Ibn `Ajiba (d.1224) et autres.[55]
Ibn
`Ajiba explique:
Cheick
Ahmad Zarrouq dit: «Le tassawwouf a plus de deux milles définitions,
qui vont toutes dans le sens de la sincérité et de la dévotion
à Allah … Chaque définition correspond à l’état
et l’étendue de l’expérience de celui qui le
pratique, ce qui lui fera dire: «Le Tassawwouf est ceci ou cela.»
Il
s’en suit que chacun des saints cités (dans le Hilyat
al-awliya' d’Abou Nou'aym) qui ont une part de détermination
sincère (sidq tawajjouh) ont une part dans le tassawwouf,
et le tassawwouf de chacun consiste dans sa sincère détermination.
En tant que règle, la sincère détermination est une
nécessité de la religion dans la mesure où elle forme
à la fois la manière et le contenu des actions qu’Allah
accepte. La manière et le contenu ne sont pas fiables à
moins que la sincérité de la détermination soit fiable.
«Il n’approuve pas la non reconnaissance en Ses serviteurs,
mais si vous êtes reconnaissant, Il l’agrée pour vous»
(39:7).
Ainsi
l’Islam exige des actions, et il n’y a pas d’auto-purification
(tassawwouf) sans la connaissance de la Loi (fiqh),
car les commandes externes d’Allah ne sont connues que par la connaissance
de la Loi; et il n’y a pas de connaissance de la Loi sans l’auto-purification,
comme il n’y a pas d’action sans sincérité dans
la détermination, et il n’y a rien sans croyance. Ainsi ,
par définition la Loi les exige toutes, juste comme le corps et
l’esprit ont besoin l’un de l’autre, aussi comme l’on
ne peut exister ou être complet dans le monde qu’en étant
en conjonction avec les autres. Ceci est la définition de la déclaration
de l’Imam Malik: «Celui qui pratique le Tassawwouf sans avoir
appris la Loi Sacrée … » [56]
Imam Chafi`i (d.204)
Al-hafiz
al-Souyouti rapporte dans Ta'yid al-haqiqa al-`aliyya que l’Imam
Chafi`i dit:
J’accompagnai
les soufis et reçu d’eux trois mots: leur déclaration
que le temps est un sabre: si tu ne le coupe pas, il te coupe; leur déclaration
que si tu ne te préoccupe pas ton égo avec la vérité,
il te préoccupera avec le mensonge; leur déclaration que
la déprivation est une immunité.[57]
Le
mouhaddith al-`Ajlouni rapporte aussi dans son livre Kachf al-Khafa
wa mouzil al-albas que l’Imam Chafi`i dit:
Trois
choses m’ont plu dans ce monde: éviter l’affection,
traiter les gens avec indulgence et suivre la voie du tassawwouf.[58]
Imam
Ahmad bin Hanbal (d.241)
Mouhammad
ibn Ahmad al-Saffarini al-Hanbali (d.1188) rapporte dans son Ghidha'
al-albab li-charh manzoumat al-adab de la part d’Ibrahim ibn
`Abd Allah al-Qalanassi que l’Imam Ahmad dit au sujet des soufis:
«Je
ne connais pas de gens meilleurs qu’eux.» Quelqu’un
lui dit: «Ils écoutent la musique et ils atteignent des états
extatiques.» Il dit: «Est-ce que tu les empêches de
se réjouir quelque temps avec Allah?»[59]
Cheick
Amin al-Kourdi dit: l’Imam Ahmad conseillant son fils dit:
«O
fils, tu dois tenir compagnie avec les gens qui pratiquent le soufisme
parce qu’ils sont une fontaine de savoir et leurs cœurs sont
en constante invocation. Ils sont les ascétiques, et ils ont le
plus puissant pouvoir spirituel.»[60]
L’Admiration
des Soufis par l’Imam Ahmad est confirmée par son respect
vis-à-vis de al-Harith al-Mouhassibi, quoiqu’il exprima un
avertissement au sujet des difficultés de la voie Soufie pour ceux
qui ne sont pas préparés à la suivre, dans la mesure
où cela peut ne pas être facile pour la majorité des
gens de suivre la voie de ceux au sujet desquels Allah dit au Prophète:
«Et résigne-toi à la compagnie de ceux qui
invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa Face …»
(18:28).
L’Imam
al-Harith al-Mouhassibi (d.243)
Il
fut l’un des premiers auteurs de traité de Soufis et maître
de al-Jounayd. `Abd al-Qahir al-Baghdadi, Taj al-Din al-Soubki, et Jamal
al-Din al-Isnawi, tous reconnaissent et réitèrent que «Sur
les livres de al-Harith ibn Assad al-Mouhassabi sur le kalam,
le fiqh, et le hadith reposent ceux parmi nous qui sont
moutakallim (théologiens), faqih (juristes),
et Soufis»[61] Ses livres encore existants sont:
·
Kitab al-ri`aya li houqouq Allah (Le livre d’observance
des droits d’Allah; Cheick al-Islam al-`Izz ibn `Abd al-Salam en
écrivit une version abrégée.[62]
·
Kitab al-tawahhoum (Le livre d’imagination), une description
du jour du Jugement;
·
Kitab al-Khalwa (Le livre de la retraite spirituelle);
·
Rissalat al-moustarshidin (Traité pour ceux qui demandent
à être guidé);
·
Kitab al-Coran (Le livre de la compréhension du Coran);
·
Kitab mahiyyat al-`aql wa ma’nahou wa ikhtilaf al-nas fihi
(Le livre de la nature et le sens de l’esprit et les différences
parmi les gens à ce sujet;
·
al-Massa`il fi a’mal al-qouloub wa al-jawarih wa al-`aql
(Les questions concernant les travaux des cœurs, des pieds et de
l’esprit;
·
Kitab al-`azama (Le livre de la magnificence);
·
al-Wassaya wa al-nassa`ih al-diniyya wa al-nafahat al-qoudsiyya li
naf`i jami' al-bariyya (Les héritages et conseils spirituels
et les dons sanctifiés pour le bénéfice de toutes
les créatures).
Le
passage suivant est extrait d’al-Wassayat dans lequel al-Mouhassibi
décrit le parcours de sa recherche de la vérité parmi
les groupes variés de musulmans, son entrée dans la voie
Soufie, et les caractéristiques des Soufis comparées aux
non-Soufis:
Il
a été clairement dit que cette Communauté sera divisée
en soixante-dix groupes impairs, l’un d’eux est le groupe
Sauvé, et Allah sait mieux au sujet du reste. J’ai consacré
une partie de ma vie à étudier les différences de
cette Communauté, cherchant la méthode claire et le droit
chemin, recherchant le savoir et agissant par rapport à cette connaissance,
guidé sur le chemin de l’au-delà aux moyens des directives
des savants. Je compris une grande partie de la parole d’Allah (le
Coran) à travers l’interprétation des juristes. J’ai
contemplé les conditions de cette Umma, j’ai regardé
ses voies de pensée et discours et j’ai compris de ce constat
ce qui a été prédestiné pour moi.
Je
vis leurs divisions comme un océan profond où plusieurs
se sont noyés, et peu furent sauvés. Je vis que chaque groupe
prétend que le salut est pour ceux qui les suivent et la destruction
est pour tout ceux qui leur sont opposés. Ainsi je compris que
les gens sont de différent types:
·
Parmi eux est celui qui possède la connaissance de l’au-delà
– il est très difficile de le trouver et il est rare;
·
un autre type est l’ignorant; prendre ses distance de celui-ci est
une bénédiction;
·
un autre type est celui qui prétend être un savant, alors
qu’il est attaché à la dunya, la préférant
en réalité à toute autre chose;
·
un autre type est celui possédant la connaissance, étant
une référence pour la religion, mais utilisant sa connaissance
comme une source de célébrité et de gain de prestige,
échangeant sa religion pour le refus de cette dunya;
·
un autre type est celui qui a la connaissance mais ne sachant pas le sens
réel de ce qu’il possède;
·
un autre type est celui qui apparait comme un ascétique, cherchant
la vertu, mais il est impuissant, et sa connaissance ne peut pénétrer
les cœurs de son audience, et ses dires ne sont pas fiables;
·
un autre type est celui doté d’intelligence et de savoir,
alors qu’il manque d’abstinence - à travers - la peur
d’Allah (wara') et sa méfiance (taqwa);
·
un autre type sont les disciples de leurs passions et de leurs bas-désirs,
ceux qui s’humilient pour l’amour de la dunya, cherchant
une position élevée ;
·
un autre type ce sont les démons humains empêchant les gens
de chercher l’au-delà, qui luttent comme des chiens pour
la dunya, l’adulant, et ne voulant rien d’autre que
d’en obtenir au maximum, qui partant de là sont vivants dans
cette dunya, mais en réalité ils sont morts; ce
qui est vrai est faux selon eux et ils considèrent les vivants
et les morts égaux.
Je
me cherchai une voie parmi ces différents types et je devins perplexe.
Ainsi j’ai décidai d’être guidé par les
guides, demandant du support et de la directive, et je pris la connaissance
pour guide. Je réfléchi et examinai les choses méticuleusement,
jusqu’à ce qu’elles me deviennent claires – avec
le Livre d’Allah, la Sunna de Son Prophète
,
et le consensus de la Communauté pour preuve – il était
évident que suivre son désir rend aveugle dans la recherche
de la vérité, et que l’on perd sa voie vers la vérité,
et accentue son aveuglement.
Alors
je commençai à vider mon cœur de tous les bas-désirs
(hawa), et je me concentrai sur les divisions de la Umma, à
la recherche du Groupe sauvé, attentif à ceux qui ont suivi
les désirs destructifs et les goupes égarés, faisant
attention de ne pas faire un pas sans en être sûr, cherchant
la voie du salut pour mon âme.
Ainsi
je trouvai – comme l’unanimité de la Umma la dérive
du Coran – que la voie du Salut est dans la peur d’Allah (taqwa),
dans la performance des obligations, dans la peur d’Allah au sujet
de ce qu’Il a permis et de ce qu’Il a interdit (wara')
et les limites qu’Il a établies, dans la sincérité
envers Allah à travers l’obéissance et suivant les
exemples de Son Messager. Je cherchai le savoir des obligations (fara`id)
et les pratiques Prophétiques (Sunna) des savants, des
narrations, et je trouvai en eux à la fois l’accord et la
division, mais je trouvai qu’ils s’accordent tous sur le fait
que la connaissance des obligations et de la Sunna sont avec ceux qui
connaissent Allah et Ses ordres, les Connaisseurs d’Allah qui agissent
selon Son bon plaisir, craignant pleinement de violer ce qu’Il a
interdit, se façonnant de l’exemple de Son Messager, et préférant
l’Au-delà à ce monde: ce sont ceux qui s’accrochent
fermement aux commandes d’Allah et aux voies des Messagers.
Alors,
je regardai parmi cette Communauté pour ce genre de serviteurs
qui sont connus pour leurs talents, et cherchai à bénéficier
de leur savoir, et je trouvai qu’ils étaient extrêmement
rares et peu nombreux, et que leur genre de savoir est en train de disparaître,
comme le Messager d’Allah
l’a dit: «Lorsque l’Islam commença ils étaient
étranges, et ils deviendront étranges encore, comme au début,
et la bonne nouvelle est aux étranges»[63]
– et ils sont solitaires avec leur religion. Je sentis que ma calamité
augmentait du fait de la disparition des saints Vertueux (al-awliya'
al-atqiya'), et j’eus peur qu’une mort soudaine m’arrive
pendant que je suis encore troublé sur la division de cette Umma.
Alors je commençai à chercher un maître: et je n’avais
pas d’autre choix que d’en trouver un, et je fis de mon mieux
jusqu’à ce que Celui qui est Affectueux envers Sa Création
me permis de rencontrer leur groupe .
Je
trouvai en eux les signes de Taqwa et les qualités de
wara' et la préférence de akhira sur la dunya,
et trouvai que leurs intructions et leurs conseils sont en conformité
avec les actions des maitres de guidance, et je les trouvai regroupés,
unis à donner des conseils à la Communauté, n’encourageant
personne à Lui désobéir ni à perdre espoir
en Sa Miséricorde, ils acceptent toujours et patiemment les fardeaux
et les difficultés, ils sont contents avec le destin et reconnaissant
dans la prospérité. Ils emmènent la création
à aimer leur Seigneur en parfait repentir en leur rappelant Ses
faveurs et ses bontés, et ils les encouragent à remettre
toutes leurs affaires à Allah, à leur faire connaître
Sa Grandeur, Son livre et la Sunna, Sa Religion, Ce qu’Il aime et
ce qu’Il n’aime pas, à être prudent et éviter
les nouveautés et les caprices, se garder des extrêmes et
des exagérations, mépriser les disputes et les arguments,
se garder de la médisance et de l’oppression, s’opposer
à leurs désirs, prendre leur responsabilité, contrôler
leurs sens, être prudent dans leur nourriture, leur habillement
et toutes leurs situations, évitant tout ce qui est douteux, évitant
les bas-désirs, se satisfaire du minimum de nourriture, supprimer
ce qui est indifférent, la renonciation en ce qu’il est permissible,
la peur du Jugement, la circonception de la Résurrection, être
affairé avec leur propre fardeau, strict avec eux-même et
non avec les autres. Chacun d’eux a ses propres affaires qui le
préoccupent, chacun d’eux est savant concernant l’Akhira
et la description du Jour du Jugement, l’abondante récompense
et la douloureuse punition. Ceci est ce qui explique leur constante anxiété
et incessante inquiétude qui les éloigne de la joie de la
dunya et ses plaisirs.
Ce
groupe a endossé les caractères de cette religion, et dessiné
les lignes définitives pour la renonciation (wara') d’une
manière qui a contracté ma poitrine avec peur, et me rendit
clair que la conduite de la religion et la sincérité mêlées
à la crainte (wara') est un océan que quelqu’un
comme moi ne peut pas comprendre; ainsi je vins à réaliser
l’étendue de leurs vertus, à voir clairement leur
inquiétude, et je devins de plus en plus certain qu’ils sont
ceux qui luttent dans la Voie de l’au-delà, les vrais disciples
de l’exemple des Messagers, la source de ceux qui demandent à
être éclairé, et des conseillers pour ceux qui ont
besoin de conseils.
Ainsi
je commençai à m’intérresser à leur
voie, bénéficiant d’eux, acceptant leur code de conduite,
prenant plaisir à leur obéir. Je ne vois rien d’égal
à eux, et je ne préfère rien à eux, et Allah
me bénit avec un genre de connaissance dont la véracité
me devint claire et dont j’ai vu la totalité. J’espère
que le salut atteindra ceux qui l’accepte et l’adopte, et
je suis certain que le support viendra à quiconque la pratiquera.
J’ai trouvé de la malhonnêteté en ceux qui s’opposent
à cette voie, et la rouille s’est accumulée sur le
cœur de quiconque l’ignore et la nie. J’ai découvert
que la preuve suprême est avec celui qui la comprend et j’ai
découvert que l’adopter et agir en s’y conformant est
une obligation pour moi; ainsi j’y ai cru de tout cœur et l’ai
gardé dans ma conscience et fait d’elle la fondation de ma
religion, et j’y ai établi mes actions, et je suis passé
à travers différents états d’expérience.
J’ai
demandé à Allah de me donner l’abilité de Le
remercier pour la Générosité qu’Il a répandu
sur moi et de me donner la force de performer les tâches se rapportant
à ce qu’Il m’a enseigné, sachant mes défauts
et sachant que je ne pourrai pas Le remercier suffisamment.[64]
La
Piété de L’Imam Ahmad devant Al-Mouhassibi
Voici
le récit de la première fois que l’Imam Ahmad a entendu
al-Mouhassibi parler directement, raconté par le hafiz al-khatib
al-Baghdadi dans son Histoire de Bagdad:
Ahmad
ibn Hanbal n’aimait pas les spéculations de al-Harith dans
la science du calame de même que les livres qu’il éditait.
Fréquemment, il mettait les gens en garde contre al-Harith. Mouhammad
ibn Ahmad Yaqoub appris de Mouhammad ibn Nou`aym al-Dabbi: J’entendis
l’Imam Abou Bakr Ahmad ibn Ishaq - al-Sibji - dire: J’entendis
Isma`il ibn Ishaq al-Sarraj dire: «Ahmad ibn Hanbal me dit un jour:
J’ai appris que ce Harith est souvent chez toi. Qu’en est-il
si tu m’invitais et me plaçais quelque part où je
pourrais l’entendre sans être vu?» Je répondis:
«Certainement, O Abou `Abd Allah!» et j’étais
content de ce premier pas de sa part. Je partis et je demandai à
al-Harith de venir nous visiter cette même nuit comme ses compagnons
y seront aussi. «O Isma`il, ils sont nombreux, par conséquent
tu ne leur serviras que de l’huile et des dattes, et seulement ce
que tu peux.» Je suivis ses intructions et je partis informer Abou
`Abd Allah. Il vint après Maghrib, alla s’installer dans
une petite chambre la-haut et commençai à réciter
ses dévotions usuelles (wird). Al-Harith et ses compagnons
arrivèrent, mangèrent, et se levèrent pour prier
salat al-`icha, et ils ne prièrent pas après cela.
Ensuite, ils s’asseillèrent silencieusement devant al-Harith
et ne dit aucun mot jusqu’au milieu de la nuit. L’un d’eux
alors posa une question à al-Harith et celui-ci commença
à parler. Ses compagnons l’écoutèrent comme
s’ils avaient peur d’effrayer un oiseau. Certains pleuraient.
D’autres poussaient des petits sanglots au fur et mesure qu’il
parlait. Je partis alors dans la chambre pour voir Abou `Abd Allah et
le trouvai évanoui à force d’avoir pleuré.
Je redescendis. Ils continuèrent ainsi jusqu’au matin où
ils se levèrent et s’en allèrent. Je retournai là-haut
voir Abou `Abd Allah. Il avait changé. Je lui demandai: «Que
penses-tu maintenant de ces gens?» Il dit: «En ce qui me concerne,
je n’ai jamais vu leur pareil, ni entendu sur la Science des Réalités
(`ilm al-haqa`iq) des mots comme ceux prononcés par cet
homme. Néanmoins, malgré ce que je viens de dire, je ne
te vois pas en vérité apte à leur tenir compagnie.
Ensuite il se leva et s’en alla.[65]
Al-Soubki
expliqua la réaction ambigüe de l’Imam Ahmad de la façon
suivante:
Considérons
ce récit avec attention et sachons que Ahmad ibn Hanbal ne considérait
pas sage pour cet homme (al-Sarraj) de joindre leur compagnie parce qu’il
n’était pas l’un de ceux qui pourrait s’élever
à leur niveau. En vérité, ils étaient sur
un chemin difficile ; tous les gens ne peuvent pas entreprendre équitablement
ce chemin qui fait peur. Autrement, Ahmad aurait-il pleuré et glorifier
al-Harith de la manière dont il fait ses éloges?[66]
Quelqu’un
pourrait soulever des objections:
Question. Al-Harith et ses compagnons ont prié salat al-`icha'
pendant que Ahmad était présent. Pourquoi Ahmad n’a
t-il pas joint la prière prescrite, sachant précisément
que la position d’Ahmad était de joindre la prière
du groupe celle-ci étant obligatoire?
Réponse.
Ahmad était avec le groupe, mais à l’étage,
séparé du groupe, précisément dans une chambre
où il pourrait entendre - mais sans nécessairement voir
al-Mouhassibi, comme le rapport le mentionne? Plus loin:
-
Ce n’est pas affirmé dans le rapport qu’il n’a
pas prié derrière lui.
- C’est
possible qu’il ne fusse pas en ablution.
- C’est
possible qu’ils aient retardé le temps de `Icha
et qu’au moment où ils priaient, il avait déjà
fini.
Le
premier cas ci-dessus est le moindre qui peut être dit, et tous
les cas ont tendance à dire: Il n’a pas délibérément
prié derrière lui pour plusieurs raisons parmi lesquelles:
on sait que `Oumar pria derrière al-Hajjaj ibn Youssouf al-Thaqafi
qui était un tyran qui répendit le sang d’innocents;
il est aussi su que Ibn `Oumar pria derrière les Gens d’Innovation
dont les Khawarij. Il disait souvent que: «La prière est
une excellente action (hassana) et cela m’est égal
que quiconque y prenne part avec moi et quiconque dit: Hayya `ala
al-Salat, je lui répond oui.» [67]
Dire
que l’Imam Ahmad ne pria pas délibérement derrière
al-Mouhassibi est équivalent à attribuer à l’Imam
Ahmad l’un des points de vue suivant:
-
Ou bien il considérait al-Mouhassibi pire que al-Hajjaj et les
Kwararij, ce qui est absurde et impieux;
- Ou
bien il laissa la pratique du Sahaba `Abd Allah ibn `Oumar, quoique
le madhab Hanbali est en partie une revivication de celle-ci,
et ceci n’est pas le cas.
Question.
Pourquoi Ahmad mentionna-t-il `ilm al-haqa`iq (la science des
réalités) qui est une terminoligie Soufie?
Réponse.
L’Imam Ahmad acceptait la terminologie Soufie. Il n’y a plus
rien à dire à ce sujet. Supposer que cela est peu probable
est parfaitement acceptable, mais supposer que ceci est impossible est
faux. Encore, la fin de l’argument est que le rapport est fiable
selon le critère des maîtres de hadiths, ainsi laissons la
spéculation dans la mesure où nous avons une évidence
solide.
Q.
Pourquoi al-Dhahabi n’acceptait-il pas l’authenticité
du récit?
R.
al-Dhahabi fit des commentaires ambigus dans son Mizan al-I’tidal
au sujet du récit ci-dessus, mais il ne questionne pas l’authenticité
de sa chaîne de transmission. Il l’authentifie mais y exprime
de la mécréance[68]. Cependant, son rejet
subjectif, quoique connaissant le sujet – sa biographie de l’Imam
Ahmad est d’environ 300 pages – n’est pas crédible
devant l’évidence.
Il
est clair que Dhahabi admirait al-Mouhassibi car il l’appela «d’un
haut niveau» dans son Siyar a`lam al-noubala':
L’Ascétique,
le Connaisseur…Je dis: al-Mouhassibi est d’un haut rang, et
il toucha brièvement à la théologie spéculative;
par conséquent, il eut des reproches à ce niveau.[69]
Tous
les maîtres Soufis sont des savants de la Sunna, autrement ils ne
seraient pas qualifiés de maîtres Soufis. De l’autre
côté, plusieurs grands savants qui ne sont pas des maîtres
Soufis admiraient profondément ces gens et voyaient clairement
qu’ils étaient du groupe des élus d’Allah ou
des awliya. L’histoire et ces jours présents sont
remplis d’innombrables Savants de l’Islam, des muftis de nations
aux cheicks al-Ahzar, et des ministres de l’Education Islamique
aux Présidents des Ligues de Savants Islamiques, qui ont vu et
compris que ces maîtres Soufis pratiquaient mieux la Sunna que ceux
qui mémorisaient seulement les lois de la Chari`a. Plusieurs
maîtres Soufis ont atteind de hautes positions parmi les savants
de l’Islam de leur temps.
Certains
aujourd’hui sont enclin à utiliser le terme «conflit»
entre ce qu’ils imaginent être maîtres de tassawwouf
d’un côté et non-savants Soufis de l’autre. Ceci
est une dichotomie artificielle qui n’existe pas en réalité
dans la communauté du Prophète. Cependant, certains frères
non informés ou mal intentionnés prennent quelques citations
illustrant des différences parmi les savants en vue de désunir
et de créer l’image de ce qu’ils appellent «une
histoire de conflict».
En
réalité, les savants représentant les Quatre Madhahib
en Islam ont défendu ceux qui pratiquent le tassawwouf
de la diffamation érigée contre eux en certaines parties
du monde Islamique. Pourquoi alors encore aujourd’hui certains sont-ils
en train de fouiller les livres de littérature Islamique essayant
de raviver quelques insignifiantes issues déjà résolues
et semer le doute dans les cœurs de nos frères au sujet des
voies de l’Islam? Ils mentionnent par exemple la censure d’Ibn
al-Jawzi de quelques excès dans Talbis Iblis comme si
c’était une condamnation entière du tassawwouf,
oubliant qu’il écrivit plusieurs pages et des livres entiers
sur les premiers Soufis dont Rabi`a al-`Adawiyya et Ibrahim al-Adham;
ou bien ils mentionnent le blâme de kalam de l’Imam
Ahmad dans la méthode de Mouhassibi, oubliant qu’il admirait
beaucoup les discours Soufis d’al-Mouhassibi; ou bien ils citent
le rapport de al-Dhahabi sur la censure d’Abou Zour`a d’al-Mouhassibi
et la lamentation de Dhahabi sur le niveau médiocre d’érudition
de hadith dans les livres Soufis, oubliant que Dhahabi admirait al-Mouhassibi
et exprimait le plus grand respect pour les Soufis.
Il
est étrange que Dhahabi soit cité pour illustrer des points
de vue anti-Soufis alors qu’il dit explicitement au sujet de l’un
des Soufis qui fut le plus attaqué, Ibn al-Farid: «Ne vous
empressez pas à le juger.» Ici est la remarque de Dhahabi
sur Ibn al-Farid dans Mizan al-i`tidal:
Il
rapporta des hadiths de al-Qassim ibn `Assair; il parla haut d’une
union franche avec Allah dans sa poésie, et ceci est une grande
calamité: par conséquent, examinez précieusement
ses compositons et ne vous empressez pas de juger, au contraire, aillez
la meilleure opinion des Soufis (hassin al-zanna bi al-soufiyya).[70]
Voici
encore d’autres extaits et exemples des éloges des Soufis
de Dhahabi, tirés de Siyar a`lam al-noubala':
[#506] al-`Abdin connu sous le nom de Qassim al-Jou`i (d.248): l’Imam,
le modèle, le saint, le Mouhaddith…le cheick des Soufis et
l’ami d’Ahmad ibn al-Hawari. Il est connu comme al-Jou`i.
…
Je dis, les acsétiques (zouhhhad) de ce temps étaient al-Jou`i
à Damas, al-Sari al-Saqati à Bagdad, Ahmad ibn Hard à
Naysabour, Dhou al-Noun en Egypte, et Mouhammad ibn Aslam à Tus.
Où sont les semblables à ces maîtres? Seulement la
poussière remplira mes yeux, ou ce qui est sous la poussière!
[#969]
Chihab al-Din al-Souhrawardi; le cheick, l’Imam, le savant, le zahid,
le connaisseur, le Mouhaddith, le Cheick Al-Islam, le
Hors-Pair des Soufis…
[#512]
Je dis: si vous voyez le Soufi se consacrer au hadith, alors ayez confiance
en lui, et si vous le voyez s’éloigner du hadith alors retirez-vous
de lui…
Ceci
est une louange indirecte à tous les Soufis, dans la mesure où
aucun d’eux ne peut être que dévoué aux hadiths
et s’y référant constamment. Ces lignes montrent que
Dhahabi n’était en aucun cas contre le tassawwouf,
au contraire, il protesta contre quelques éléments de quelques
Soufis qu’il ne voyait pas être dans sa ligne de compréhension
de la Sunna. Il ne considéra pas la différence entre les
adhérents et simples prétendants au tassawwouf,
quoiqu’il le mentionna ailleurs .
Les
Maîtres Soufis de Hadiths de Dhahabi
Les
Soufis parmi les maîtres de hadiths de Dhahabi sont trop nombreux
pour être cités. Ci-dessous quelques noms comme cela est
énuméré par Dhahabi lui-même dans son Mou`jam
shouyoukal-Dhahabi ou «l’abrégé des cheicks
(de hadiths) de Dhahabi»:
·
Ahmad ibn Abou al-Ma`ali al-Abarqouhi (d.701), qui dit au cours de sa
dernière maladie lorsqu’il était à la Mecque:
«Je mourrai de cette maladie parce que le Prophète m’a
promis que je mourrais à Mecque.»[71]
·
Ahmad ibn `Abd Allah al-Qadi Chouqayr (d.715), le Soufi Hariri.[72]
· Ahmad ibn `Abd Allah al-Rahman al-Chahrazouri al-Soufi al-Qadiri
(d.701).[73]
· Ahmad ibn `Abd al-Moun`im Roukn al-Din Abou al-`Abbas al-Qazwini
al-Tawoussi al-Soufi (d.704.).[74]
· Ahmad ibn `Ali al-Qadi al-Jayli al-Dimaschqi al-Soufi (d.724).[75]
· Ahmad ibn Mouhammad Najm al-Din Abou al-`Abbas ibn Sasra (d.723),
le chef juge Chafi`i (qadi al-qoudat) et le chef des enseignants
religieux (cheick al-chouyouck) à Damas. Il désapprouva
Ibn Taymiyya et présida à son jugement à Damas en
705.[76]
· «Mon ami» Charaf al-Din Ahmad ibn Nasr Allah al-Faqih
al-Soufi (d.730), de la Khaniqa al-Tawawis.[77]
· al-Cheick Abou Ichaq Ibrahim ibn Barakat al-Ba`albaki, connu
comme Ibn al-Qourachiyya (d.740): «L’un des remarqables fouqara'
Qadiri, un homme de religion, de clarté, de perfection, aimable,
et de rare bénéfice.»[78]
· al-Cheick Abou Ichaq Ibrahim ibn Dawoud al-Hakkari al-Kourdi
al-Mouqri' al-Soufi al-Zahid (d.712), le père de Chams al-Din et
d’`Imad al-Din.[79]
· Le leader et Cheick Sadr al-Din Abou al-Majami' Ibrahim ibn Mouhammad
al-Jouwayni al-Khourassani al-Soufi al-Mouhaddith (d.720). Dhahabi rapporta
que le gouverneur Mongol Ghazan Khan accepta de devenir Musulman par lui.
Il ajouta: «Il était extrêmement respecté par
les Soufis à cause du niveau spirituel de son père Sa`d
al-Din ibn Hammouwayh (ou Hamawayh).»[80] Sa`d
al-Din (d.678) fut cheick al-chouyoukh à Damas.[81]
· «Mon cheick» Ibrahim ibn Mounir al-Ba`albaki al-`Abid
al-Zahid al-Sayyah (d.725).[82]
· Ichaq ibn Ibrahim Mouzaffar al-Misri al-Waziri al-Mouqri' al-Mou`addid
al-Soufi (d.719), l’enseignant des orphelins.[83]
· Aqouch Abou Mouhammad Houssam al-Din al-qoutbi al-Younini (d.720),
«il était l’un des Soufis d’al-Assadiyya, il
était pieux et récitait beaucoup le Coran.»[84]
· «Mon compagnon» `Izz al-Din al-Hassan ibn Ahmad al-Irbili
le medecin (d.726), «il était l’un des Soufis de Douwayrat
Hamd.»[85]
· Houssayn ibn Moubarak al-Mawsili al-Soufi (d.742). «Il
était un homme de bonté et pieux. Il rédigea plusieurs
livres de savoir et des livres au sujet de la Sunna, et il resta en compagnie
des fouqara'.»[86]
· Abou Sa`d al-Khidr `Abd Allah al-Jouwayni al-Dimachqi al-Soufi
(d.674). «Il était le cheick de la khaniqa soumayssatina…
Il rédigea un livre d’histoire en deux volumes rempli de
bienfaits et de merveilles.»[87]
· Oumm Mouhammad Zaynab bint `Ali al-Wassiti (d.695). «Une
femme versée dans la servitude, dans le jeûne, forte, humble,
honorable. Son frère l’Imam Taqi al-Din ibn al-Wassiti avait
l’habitude de la visiter pour bénéficier de sa bénédiction
(yaqsoud ziyarataha wa al-tabarrouk biha).»[88]
· Zayn al-`Rab bint `Abd al-Rahman al-Dimachqiyya al-Soulamiyya
(d.704). Elle était la cheicka de la ribat à al-Kharimiyyin.[89]
· Abou `Ali Souwanj ibn Mouhammad al-Tourkoumani al-Dimachqi al-Faqir
(d.694).[90]
· Abou al-Barakat Cha`ban ibn Abi Bakr al-Irbili al-Soufi al-Qadiri
al-Zahiri al-Zahid (d.711). «Il était un homme de bonté,
de clairvoyance, modeste, raffiné, qui n’a ni lu ni écrit.»[91]
· Abou Ghanim Zafir ibn Ja`far al-Soulami al-Dimachqi (d.615).
«Il était l’un des fouqara' du mouqsoura
(tombeau de saints) des Halabiyyin.»[92]
· Charaf al-Din `Abou Mouhammad Abd Allah ibn `Abd al-Halim ibn
Taymiyya al-Harrani al-Hanbali (d.727). «Frugal dans son manger
et dans son habillement, doté de plusieurs qualités, il
avait l’habitude de faire des reproches à son frère
sur certaines choses (Taqi al-Din Ibn Taymiyya) qu’il considéra
blâmables de sa part.»[93]
· Ibn Abou Nasr `Abd Allah ibn Nasr ibn `Abd al-Razzaq ibn al-Cheick
`Abd al-Qadir al-Jili (c’est-à-dire al-Gilani) al-Hanbali
al-faqih al-Soufi (d.708).[94]
· Abou al-Majd `Abd al-Rahman ibn al-Mouhaddith Abi `Abd Allah
al-Isfarayini al-Dimachqi al-Chafi`i (d.701). «Il était le
cheick de la khaniqa chihabiyya.»[95]
· Zayn al-Din `Abd al-Rahman ibn mouhammad al-Zahid, Khatib Yalda
(712). «Il était perspicace, saint, honorable, et restait
en retraite pour éviter les gens.»[96]
· Abou al-Qassim `Abd al-Samad ibn Qadi al-Qoudat `Abd al-Karim
al-Harastani al-Dimachqi al-Chafi`i (d.694). «Il apprit le fiqh
et fréquenta les écoles, puis il devint un ascétique…
Les gens le vénéraient et des miracles sont rapportés
à son sujet. J’ai appris que mon cheick Zayn al-Din al-Fariqi
mentionna qu’Ibn al-Harastani lui parla de la chute des Tartares
avant qu’elle eût lieu en 680.»[97]
· `Izz al-Din `Abd al-`Izz ibn `Oumar al-Hamawi al-Ghassani al-Soufi
(d.720).[98]
· Abou Mouhammad `Abd al-Ghaffar ibn Mouhammad al-Maqdissi al-Soufi
(d.circa 700).[99]
· Abou Nasr `Abd al-Latif ibn Nasr al-Cheicki al-Soufi al-Halabi
(d.697). «Il était cheick al-chouyouk à Aleppo.»[100]
· Najm al-Din `Abd al-Malik ibn `Abd al-Qahir Ibn `Abd al-Ghani
Ibn Taymiyya al-Harrani al-Chahid al-Soufi (d.720).[101]
· Abou `Amr `Outhman ibn Abi Bakr al-Faqir al-Salih (Né
en 674). «Un réciteur de Coran, il est érudit et est
un homme de bonté, de décence, solitaire en dehors des gens.
Je suis resté en sa compagnie depuis mon enfance.»[102]
· «L’Unique Leader, le Connaisseur et Savant de Hadith»,
Abou `Abd Allah Najm al-Din `Ali ibn Mouhammad al-Azli al-Hilali al-Dimaschqi
al-Chafi`i (d.729). «Il avait l’habitude de raconter des récits
bénéfiques, et il garda une excellente estime pour les saints
– qu’Allah le compte ainsi que moi parmi eux.»[103]
· Abou Hafs `Oumar ibn Abi al-Qassim al-Younini al-Salawi al-Soufi
(d.707). «Il resta en compagnie des fouqara'.»[104]
· Oumm Mouhammad `Aïcha Bint Rizq Allah al-Biladiyya al-Maqdissiyya
(d.711). «Elle était l’une des femmes dévotes
qui pleurait beaucoup, exhibait l’humilité, et tenait fermement
à la récitation des dévotions (awrad).»[105]
· al-Foulk al-Soufi, `Ali ibn al-Foulk al-`Alawi al-Hassani al-Wassiti
al-Mou`ammar (né en 600).[106]
· «Le faqih et le connaisseur» Abou al-Qassim
al-Fadl ibn `Issa al-`Ajlouni al-Hanbali al-Masmari (d.735). «Il
était de haute stature et portait un large turban et des tenues
imposantes. Il était un bon interprète de rêves. Les
gens le vénéraient comme un saint.»[107]
· Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Ahmad al-Maqdissi al-Salihi (d.705).
«Il était connu sous le nom de Chamlaj al-Faqir.»[108]
· Mouhammad ibn Ahmad al-Mawsili al-Salihi al-Faqir (d.723). «Il
était clairvoyant, menait une vie simple, un homme de décence
et de bonté.»[109]
· Diya' al-Din Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Ahmad al-Faqir (d.713).[110]
· al-Imam al-khayyir Chams al-Din Abou `Abd Allah Mouhammad ibn
Ahmad al-Khallati al-Chafi`i al-Soufi (d.706).[111]
· Abou `Abd Allah mouhammad ibn Jawhar al-Mouqri' al-Moujawwid
al-Tala`fazi al-Soufi al-Moulaqqan (d.696).[112]
· «L’Imam, le Juge, l’Exégète,
le Savant, l’Ascétique» Jamal al-Din Mouhammad ibn
Soulayman al-Naqih al-Balkhi al-Dimaschqi al-Hanafi (d.698). «Il
compila un très long commentaire du Coran en quatre-vingt-dix-
neuf volumes dans lesquels il figura les lectures Coraniques, les contextes
de la révélation, les explications linguistiques, les dires
des exégètes, ceux des Soufis, et leurs haqa`iq
(réalités spirituelles).»[113]
· Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Soulayman al-Faqih al-Chafi`i (d.699).
«Il était celui qui prenait soin de la tombe d’al-Sayyida
Nafissa (la plus grande femme sainte d’Egypte).»[114]
· Abou `Abd Allah Mouhammad ibn `Abd Allah ibn al-Saqil al-Harrani
(d.713). «Il était l’un des fouqara' de la
ribat d’Ibn al-Askaf.»[115]
· «Le brillant savant et le spécialiste d’oussoul»
Safi al-Din Mouhammad ibn `Abd al-Rahim al-Hindi al-Chafi`i (d.715). «Il
était versé en prière, en adoration, en tassawwouf
et d’une excellente croyance.»[116] Il
témoigna contre Ibn Taymiyya au jugement de ce dernier à
Damas.»[117]
· «Qadi al-qoudat, le Paragon de l’Islam, le porteur-standard
de la Sunna, mon cheick» Jamal al-Din Abou al-Ma`ali Mouhammad ibn
`Ali al-Anssari al-Zamalkani al-Dimaschqi al-Chafi`i (d.727).[118]
Il remplaça Safi al-Din al-Hindi dans le jugement contre Ibn Taymiyya,
contre lequel il rédigea par la suite une réfutation de
sa position sur le divorce et de ses points de vue sur la Visitation du
Prophète (al-ziyara).[119]
· Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Mouhammad al-Mouhaddith al-Zahid
al-Kikhi al-Soufi (d.684).[120]
· «Le vertueux de la bonté, l’Imam, le Connaisseur,
le Mouhaddith» Abou `Abd Allah Badr al-din Mouhammad ibn Mas`oud
Ibn al-Touwwazi al-Halabi al-Chafi`i (d.705). «Il était le
Cheick de Hims et l’adjoint au juge ainsi que le Cheick de la Khaniqa.»[121]
· «L’Imam, le Réciteur, le Perfecteur, le Résidu
des Salaf» Mouwaffaq al-Din Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Abi al-`Ala'
al-Rabbani al-Nassibi al-Chafi`i al-Soufi (d.695). «Le cheick des
Soufis et des fouqara' à Ba`albak.[122]
· «L’Orateur, l’Ascétique, la Bénédiction
de l’Humanité» Abou `Abd Allah Mouhammad ibn Abi al-Fadl
al-Ja`bari al-Soufi (d.713). «L’Imam du Masjid al-Halabiyyin
au Caire.»[123]
· al-Cheick al-Imam al-Moufti al-Zahid al-`Arif Zahir al-Din Abou
al-Mahmid Mahmoud ibn `Oubayd Allah al-Zanjani al-Chafii al-Soufi (d.673).
«Il tena compagnie avec Cheick Chihab al-Din al-Souhrawardi et apprit
de lui `Awarif al-ma`arif, et d’`Abd al-Salam al-Dahiri il apprit
l’œuvre al-Louma' d’Abou Nasr al-Sarraj.»[124]
· «L’Imam, le Mouhaddith de confiance,
le Connaisseur, le Linguiste, l’Ascétique» Safi al-Din
Abou al-Thana' Mahmoud ibn Abi Bakr al-Tannoukhi al-Armouwi al-Chami al-Chafi`i
al-Soufi (d.723).[125]
· al-Alim al-Zahid Taqi al-Din Abou Bakr ibn Charaf al-Salihi
Nazil Hims (d.728). «Il était un moutassawwif, avait l’éloquence,
la noblesse, une connaissance intime des questions en main, et une large
portion d’excellentes qualités.»[126]
· Abou Bakr ibn Sanjar al-`Ala'i al-Chayzari al-Soufi (pas de date).[127]
Plusieurs des maître de hadiths que Dhahabi cite dans son Tadhkirat
al-houffaz sont Soufis:[128]
· Abou `Abd Allah Mouhammad Ibn al-Banna' al-Soufi
· Abou al-Hassan b. Jahdam al-Soufi
· Abou al-Houssayn al-Baghdadi Ahmad b. al-Hassan b. `Abd al-Jabbar
al-Soufi al-Hakim
· Abou Mouhammad `Abd al-`Aziz b. Ahmad Ibn Mouhammad b. `Ali al-Tamimi
al-Dimachqi al-Soufi al-Wahchi
· Abou Mouhammad al-Andalousi al-maghrib al-Qafassi al-Soufi
· Abou Sa'd Ahmad b. Mouhammad b. Ahmad b; Abdillah b. Hafs al-Anssari
al-harawi al-Malini al-Soufi
· Abou Sa`id Ahmad b. Mouhammad b. Ziyad b. Bichr b. Dirham al-Basri
al-Soufi
· Abou Ya`qoub Youssouf b. Ahmad b. Ibrahim al-Soufi
· Ahmad b. `Abd Allah b. Ahmad b. Ishaq b. Moussa b. Mahran al-Mihrani
al-Isbahani
· al-Soufi al-Ahwal sibt al-Zahid Mouhammad b. Youssouf al-Banna'
al-Talamanki
· al-Hafiz Abou Hafs al-Soukkari Ahmad b. al-Hassan al-Soufi
· Ishaq b. Balkouyah al-Soufi
· Isma`il b. Sa`d al-Soufi
· Mouhammad b. al-Houssayn b. Mouhammad b. Moussa al-Nissabouri
al-Soufi al-Azdi
· Zaynouddin Abou al-Fath Mouhammad b. Ahmad b. Abi Bakr al-Abyourdi
al-Soufi al-Chafi`i al-Is`irdi
En
conclusion le supposé conflit entre les savants de hadiths d’un
côté et les Soufis de l’autre est une fabrication intentionnelle
en vue d’inspirer la division parmi certains membres de la Communauté.
Les détracteurs rassemblent quelques dires qui soulèvent
l’incertitude et le doute au sujet du tassawwouf, omettant
de mentionner que de telles critiques tombent sous la rubrique de l’exception.
La règle est que le tassawwouf est l’indication d’un
niveau spirituel qui n’amène rien d’autre que de l’honneur
à celui qui l’endosse, parmi eux l’Imam Ahmad, Dhahabi,
Sakhawi, Souyouti, al-`Izz ibn `Abd al-Salam, al-Qari, al-Nawawi, et les
autres Imams de hadiths l’ont attesté. Ceci est le cas même
pour Ibn Taymiyya qui se considérait capable de définir
le tassawwouf en profondeur, et se félicitait d’avoir
pris la tariqa Qadiri, même s’il prit des inclinations
anti-Soufies qui firent surfaces dans ses attaques contre ibn `Arabi et
autres. Permettez-nous d’avertir nos frères et sœurs
qu’en regardant les désaccords des grands savants sans un
œil critique, nous invitons à la confusion. Al-Soubki avertit:
Prenez
garde d'écouter ce qui s’est passé entre Abou Hanifa
et Soufyan al-Thawri, ou entre Malik et ibn Abi Dhi'b, ou entre Ahmad
ibn Salih et al-Nissa`i, ou entre Ahmad ibn Hanbal et al-Harith al-Mouhassibi
(et autres dans les temps ultérieurs). Si vous êtes affairés
avec cela, je crains la mort pour vous. Ceux-là sont les notables
en religion et leurs paroles ont plusieurs explications que certains ont
peut-être mal compris. En ce qui nous concerne, nous n’avons
rien d’autre qu’à approuver ce qu’ils ont dit
et de ne rien dire concernant ce qui a eu lieu entre eux, comme ce qui
s’est passé entre les Compagnons, qu’Allah soit satisfait
d’eux… O toi qui cherche à être guidé!
Consacre-toi à la voie des bonnes manières avec les maîtres
passés, évite de creuser dans leurs divergences sauf ce
qui est le produit d’une claire démonstration. Si vous êtes
capable d’y appliquer une bonne interprétation faites-le,
dans le cas contraire, laissez ce qui eut lieu entre eux, et préoccupez-vous
de ce qui vous concerne, et laissez ce qui ne vous concerne pas![129]
al-Qassim
ibn `Outhman al-Joui`i (d.248)
L’un
des grands saints de Damas qui étudia le hadith sous Soufyan ibn
`Ouyayna. Ibn al-Jawzi rapporte dans Sifat al-safwa que al-Jou`i
expliqua qu’il reçu le nom al-Jou`i (de la faim)
parce qu’Allah l’a guéri contre la faim du corps au
moyen de la faim spirituelle. Il dit:
Même
si j’étais laissé un mois sans nourriture, je n’étais
pas gêné. O Allah, tu as fait ceci avec moi: Cependant, complète
le pour moi![130]
Al-Dhahabi
écrit à propos de lui dans Siyar a`lam al-noubala':
[#506]
al-`Abdi, connu sous le nom de Qassim al-Jou`i: L’Imam, le modèle,
le saint, le Mouhaddith… le cheick des Soufis et l’ami d’Ahmad
ibn al-Hawari. (al-Imam al-qoudwa al-wali al-mouhaddith
Abou `Abd Al-Malik Al-Qassim ibn `Outhman al-`Abdi-Dimaqshqi, Cheick
as-soufiyya wa rafiq Ahmad ibn al-Hawari, `Ourifa bi al-Jou`i).
Ibn
al-Jawzi aussi rapporte qu’Ibn Abou Hatim al-Razi dit:
J’entrai
à Damas pour voir les reporteurs de hadiths et je passai par le
cercle de Qassim al-Jou`i et je vis une immense foule assise autour de
lui. Je m’approchai et je l’entendis dire:
Faites
cinq choses dans votre vie, sans les autres:
-Si
vous êtes présent parmi les gens, ne soyez pas connu;
-Si vous êtes absent, que l‘on ne vous manque pas;
-Si vous connaissez quelque chose, votre conseil n’est pas recherché;
-Si vous dites quelque chose, votre parole est rejetée;
-Si vous faites quelque chose, n’en recevez pas d’honneur;
Je
vous conseille de même cinq autres choses:
-Si
du tort vous est fait, ne rendez pas la pareille;
-Si des éloges vous sont faites, ne soyez pas heureux;
-Si vous êtes blâmez, ne soyez pas éperdu;
-Si vous êtes appelé menteur, ne vous mettez pas en colère;
-Si vous êtes trahi, ne trahissez pas en retour.
Ibn
Abou Hatim dit: «Je fis de ces mots tout le bénéfice
de ma visite à Damas.»[131]
L’Imam al-Jounayd al-Baghdadi (d.297)
L’Imam
du monde de son temps, al-Jounatd al-Baghdadi, dit en définissant
un Soufi:
al-soufi
man labissa al-soufa `ala al-safa
wa ittaba`a tariq al-moustafa
wa qthaqa al-jassada ta`m al-jafa
wa kanat al-dunya minhou `ala qafa.
Le
Soufi est celui qui porte de la laine au-dessus de la pureté, suit
le chemin du Prophète, endure les peines corporelles, dédit
sa vie à l’adoration et se retire des plaisirs et abandonne
tout ce qui à rapport au monde.[132]
Le
texte du livre Kitab dawa' al-arwah (Livre du remède des
âmes) d’al-Jounayd fut édité en arabe et traduit
en anglais par le savant A.J.Arberry.[133]
al-Hakim
al-Tirmidhi (d.320)
Abou
`Abd Allah Mouhammad ibn `Ali al-Hakim al-Tirmidhi al-Hanafi, un faqih
et un mouhaddith de Khorasssan et l’un des grands auteurs
de tassawwouf que Ibn `Arabi cite particulièrement. Il
rédigea plusieurs volumes parmi lesquels les suivants ont été
publiés:
·
al-Massq`il am-makanouna: Les affaires dissimulées;
· Adab al-nafs: La discipline de l’égo;
· Adab al-mouridin: Léthique des chercheurs d’Allah,
ou l'éthique des disciples Soufis;
· al-amthal min al-kitab wa al-sunna: Les exemples du
Coran et de la Sunna;
· Asrar moujahadat al-nafs: Les secrets du combat contre
l’égo;
· `Ilm al-awliya': La connaissance des saints;
· Khatm al-awliya': Le sceau de la sainteté;
· Chifa' al-`ilal: La guérison des défauts;
· Kitab manazil al-`ibad min al-`ibadah, aw, Manazil al-qassidin
ila Allah: Le livre des positions des adorateurs en relation à
l’adoration, ou Les positions des voyageurs vers Allah;
· Kitab ma`rifat al-asrar: Le Livre de la connaissance
des secrets;
· Kitab al-A`da' wa-alnafs; wa al-‘aql wa al-hawa:
Le livre des ennemis, l’égo, l’esprit, et les vains
désirs;
· al-Manhiyyat: Les interdits;
· Nawadir al-ousoul fi ma`rifat ahadith al-Rassoul: Les
sources rares de la religion concernant la connaissance et les dires des
Prophètes;
· Taba`i al-noufous: wa-houwa al-kitab al-moussamma bi al-akyas
wa al-moughtarrin: Les différents caractères des âmes,
ou Le livre des intelligents et des leurrés;
· al-Kalam `ala ma`na la ilaha illa Allah: Débat
sur la signification de “Il n’y a de Dieu que Dieu.»
L’extrait
suivant est une une reproduction des deux premiers chapitres de son Adab
al-mouridin ou «L’éthique des disciples Soufis»:
I.
Concernant le Mourid (l’aspirant) et Ce qui L’aide
ou Ce qui lui fait du tort dans Son Trajet vers Allah le Plus Exalté,
et Ce Que Doit être Son Premier Pas.
Il
y a deux types de mourids: Ceux qui cherchent la grâce d’Allah
en L’adorant, exécutant Ses commandes et évitant Ses
interdits, ensuite se dévouant à performer des actes volontaires
aussi nombreux qu’ils le peuvent, et cherchant à travers
le salut à éviter le feu de l’enfer et parvenir à
atteindre les récompenses qu’Il a préparées
pour Ses fidèles.
D’autres
approchent Allah en adoration, exécutant ses commandes et évitant
Ses interdits, ensuite examinent leur moi interne trouvent plusieurs maladies
dans leur coeur, comme l’amour pour le monde, le désir pour
le pouvoir, l’honneur, la grandeur, l’avidité, le fourneau
des appétits (chahawat), le bavardage au sujet des vains
désirs (hawa), l’ambition, l’envie, l’amour
des éloges et des compliments – tous des liens mondains aveuglant
le cœur.
Un
tel cœur portant ces teintes ne peut jamais trouver le chemin vers
Allah, car aimant ce monde il se sépare de Son Seigneur. Il aime
quelque chose qu’Allah a éloigné de lui-même
et méprisé. Demander la grandeur, c’est se comparer
à Allah Le Plus-Haut; dans le fourneau des désirs l’on
fait face aux plus grandes séductions; et dans le bavardage des
passions vaines repose la tyranie en elle-même et l’horreur
de respecter les droits d’Allah, Le Seigneur de La Puissance et
de la Majesté. Le cœur est voilé de la sagesse et de
la compréhension du comment Allah dispose de Ses affaires.
Une
telle personne est prisonnière de son égo (assir an-nafs).
Elle performe les obligations alors qu’elle est attachée
au monde, elle évite les interdits pendant qu’elle est attachée
au monde, et elle adore généralement Allah selon sa propre
commodité. Ceci est un serviteur qui doit chercher la sincérité
en toute chose, en toute action, à tout moment et travailler sur
son égo.
Celui
ou celle qui désire la récompense d’Allah le Plus
Haut, doit prendre la peine de demander la sincérité en
son coeur jusqu’à ce que la porte lui soit ouverte. Lorsque
la porte est ouverte et que le cadeau est offert, à ce moment le
coût de son voyage lui sera remboursé en totalité.
Il sera fortifié et continuera sur sa voie, et plus loin il ira,
plus le cadeau s’accroîtra pour lui et il ira plus loin. Ceci
ne s’arrête pas jusqu’à ce qu’il atteigne
Allah à travers son cœur (hatta yassil ilallah qalban).
A ce moment, Allah l’appointe selon son degré et il devient
un Ami d’Allah (wali Allah). Il a gardé son cœur
calme en présence d’Allah donc il a reçu sa nomination.
De ce point, il continue de travailler avec un cœur solidifié
par la force d’Allah et riche avec la profusion d’Allah, avec
un égo irréprochable de péchés et de démons.
Il s’est séparé des voies des passions vaines et de
la poursuite de l’honneur et il s’est purifié.
Nous
avons traité de ces sujets dans deux livres, «Le dressage
de l’égo» (Riyadat al-nafs) et «La pratique
des Saints» (Sirat al-awliya'), dans lesquels s’y
trouve par la permission d’Allah, des remèdes pour tous ceux
qui aspirent à la connaissance dans cette matière.
II.
Concernant le Bien-Etre du cœur et ses Remèdes, et la Corruption
du Cœur et ses maux.
Le
bien-être du cœur réside dans la tristesse et l’anxiété,
et le remède est le permanent souvenir (dhikr) d’Allah
Le Plus Haut. La corruption du cœur provient de la joie du monde
et du contentement dans les états (ahwal) de l’égo,
et sa maladie est le refus du souvenir d’Allah et de s’adonner
à tout ce qui distrait de ce souvenir.
La
joie est pour l’égo ce qu’est l’eau pour le poisson.
Le domaine de vie du poisson est dans l’eau, s’il reste en
surface en dehors de l’eau, il ne pourra pas vivre. Similairement,
si l’égo est restreint des joies de ce monde, il se fanera
et deviendra faible, son pouvoir décroîtra, ses activités
diminueront et prendront fin – car la tristesse tue sa vie –
jusqu’à ce que le coeur se débarrasse de tout ce que
y avait pris place auparavant et des impuretés qui en sont résultées.
Lorsque
le cœur atteind Allah Le plus Exalté, Il lui donne vie. Lorsqu’Il
lui donne vie, l’égo expérimente cette vie avec La
Lumière d’Allah Le Plus Haut. Auparavant le cœur était
mort avec le plaisir et les joies de l’égo: lorsque l’individu
apprivoise l’égo et lui interdit ses joies, son Seigneur
le remercie parce qu’il a mené un combat pour Allah avec
toutes ses forces, et Allah a guidé son chemin comme Il l’a
promis dans Sa révélation quand Il dit: «Ceux
qui ont combattu pour Notre cause, Nous les guidons à Nos Voies»
(29:69).
Quand
la porte lui est ouverte, il continue avec son coeur sur la voie d’Allah
Le Puissant et Majesté. Ensuite, vient le cadeau qui lui repaie
le coût de son voyage jusqu’à Allah, qui le revivifie
dans Sa proximité avec Sa Lumière, alors il devient l’un
de ceux qui se sont Approchés (mouqarrabin). A ce point,
il obtient la joie en Allah après avoir mis fin aux plaisirs du
monde de l’égo et de ses différents états.
Il a obtenu l’éminence auprès d’Allah, le Puissant
et Majesté.
Quant
à celui qui met fin au souvenir d’Allah, son cœur s’endurci,
parce que le souvenir contient de la miséricorde de la part d’Allah
Le Plus Haut, qu’Il a promis à Ses serviteurs dans Sa révélation
lorsqu’Il dit: «Souvenez-vous de Moi et Je Me souviendrai
de vous» (2:152). Lorsque la miséricorde arrive,
le cœur devient léger et s’adoucit; alors le feu de
l’égo s’éteind du fait d’avoir été
attiré par la miséricorde qui apparait dans le cœur.
Le cœur perd sa rudesse, sa grossièreté et sa brutalité.
Maintenant
le cœur et l’égo sont partenaires dans ce corps. La
force du cœur réside dans le gnostique ou la connaissance
interne (ma`rifa), la raison (`aql), la connaissance
externe (`ilm), la compréhension (fahm), l’intellect
(dhihm), l’intelligence (fitna), la mémoire
(hafz), et la vie en Allah. La joie en ces choses motive le coeur,
le renforce et lui donne vie.
La
force de l’égo provient de la joie, des plaisirs matériels,
la gratification sexuelle, l’honneur, le pouvoir, les hauts rangs,
et la satisfaction de tout appétit affamé. La joie en ces
choses motive l’égo et le renforce. Tous ceux-ci sont les
soldats des passions vaines, parce que les passions vaines gouvernent
l’égo. Ce qui dirige le cœur est la connaissance interne,
et les autres choses que nous avons mentionnées sont ses soldats.
Lorsque
l’égo prospère et que ses joies se développent,
l’égo étouffe le cœur. A cet instant, la vie
du cœur cesse, ensemble avec les éléments avec lesquels
il vit. Mais, lorsque ses plaisirs et contentements sexuels lui sont interdits,
il perd sa force et relâche ses griffes, et au même moment
l’anxiété et les remords s’accumulent et le
rabaissent. Ainsi, à travers les anxiétés causées
par le refus et l’abstinence, l’égo perd sa force,
et le cœur gagne du pouvoir à travers les éléments
déjà mentionnés.
La
joie du cœur en Allah devient manifeste, et ceci est la raison pour
laquelle Allah dit: «Dis: ceci provient de la grâce
d’Allah et de Sa Miséricorde; Voilà de quoi ils devraient
se réjouir. C’est mieux que tout ce qu’ils amassent»
(10:58). Il est rapporté du Prophète, que la paix et la
bénédiction d’Allah soit sur lui, dit:
L’égo
de l’être humain est un feu violent comme celui au sommet
d’un vieux volcan, sauf pour ceux dont Allah examine les cœurs
pour la piété (taqwa) et ils sont peu nombreux.[134]
Il
est rapporté d’Anas b. Malik, qu’Allah soit satisfait
de lui, que le Prophète
a dit:
"Même
lorsque les êtres humains deviennent âgés et ont les
cheveux blancs, deux choses restent rajeunies en eux: l’avidité
pour l’argent et le désir pour la vie."[135]
Le
Prophète
par conséquent
nous exhorte à nous souvenir de la mort comme il dit:
"Souvenez-vous
de celui qui détruit les plaisirs. Se souvenir (d’Allah)
amoindrit son pouvoir; se souvenir rarement renforce son pouvoir."[136]
Ce
hadith rapporté avec une chaîne d’autorité par
Abou Hourayra. Le sens de ceci, est que lorsque tu te rappelles de la
mort, tu réalises que ton tout est de ne rien posséder,
et qu’à la fin, tu te diriges vers l'extinction. Si tu te
rappelles de ceci, la mort devient une chose facile pour toi, et si tu
te rappelles du premier, tu réalises que le peu que l’on
a dans ce monde est assez. Car l’on ne sait pas le temps et l’instant
auquel soudainement la mort nous confrontera. Ainsi donc la mort est «le
destructeur des joies.» Se rappeler de ses destructions enlèvera
les fausses joies et les remplacera avec l’abattement et la tristesse.
Il
t’est maintenant clair qu’il y a deux sortes de joie: la joie
du cœur en Allah, en Sa Bonté, dans Sa Miséricorde,
et la joie de l’égo dans le plaisir et les merveilles. Quiconque
désire sincèrement atteindre Allah Le Plus Haut doit faire
attention aux plaisirs de son égo, tant en matière religieuse
que mondaine. Il doit ensuite lui interdire un tel plaisir jusqu’à
ce qu’il s’affaiblisse et meurt (son égo) de chagrin
dans sa poitrine.
Car
lorsque l’on interdit à son égo la réjouissance
des plaisirs mondains et à l’opposé on le satisfait
avec la réjouissance de la religion, à titre d’exemple
les bonnes œuvres et les dévotions, l’égo aura
toujours de la satisfaction, et partant de là il reste en vie.
La raison est que les passions d’une telle personne continuent d’ête
une partie de chacune de ses bonnes actions. Malgré tous ses efforts,
elle demeure une personne confuse et impie. Si elle renonce à ses
efforts, ses teintes resteront sûrement avec lui, et il n’atteindra
jamais Allah Le Plus Haut à travers ses erreurs et ses passions
vaines. Cela est la raison pour laquelle Allah dit: «Luttez
pour Allah jusqu’à votre exrême pouvoir»
(22:78). Le «pouvoir extrême» signifie l’irradiation
de tout plaisir de l’égo que se soit en matière religieuse
ou mondaine. Dans la mesure où l’on a du plaisir dans toute
bonne œuvre, et puisque la passion reste une composante de chacune
d’elle, il est clair que de telles actions ne sont pas purement
pour l’amour d’Allah. Il devient alors une obligation de se
tourner vers d’autres actions qui excluront les plaisirs de l’égo.
Si
l’un effectue cela avec sa force extrême et toute sa capacité,
Allah Le Plus Haut le remerciera dans ce monde et celui qu’Allah
remercie, Allah lui ouvre le cœur à Sa Lumière. Lorsque
cette lumière s’élève dans la poitrine, l’égo
trouve dans un tel présent tout ce qu’il ne pouvait pas avoir
auparavant, c’est-à-dire les distractions, les plaisirs et
les joies de ce bas-monde.
Ensuite,
se présente la nécessité de contrôler l’égo,
de peur qu’il commence à dériver de ces présents
un plaisir qui piègera et tuera celui à qui de droit. Car
l’ego trouve du plaisir dans les présents d’Allah,
il prospère et se délecte de joie après avoir été
fané et négligé, et c’est en cela que réside
le plus grand danger. Voici où sont les cœurs de la majorité
des aspirants dans la voie d’Allah. Ils ont été des
proies à la traîtrise de l’égo. Ce chapitre
contient en bref les réponses à plusieurs milliers de questions
qui sont toutes des parties et corollaires à celle-ci.[137]
L’Imam
Abou Mansour `Abd al-Qahir al-Baghdadi (d.429)
L’un
de ceux qui possèdaient la connaissance couvrant les divers vues
et croyances des groupes des musulmans et non-musulmans, il écrit
dans son Farq bayn al-firaq:
Sachez
que Ahl al-Sunna wa al-jama’a est divisé en huit
groupes de gens… le sixième groupe étant les Soufis
Ascétiques (al-zouhhad al-soufiyya), qui ont vue des choses
pour ce qu’elles sont et malgré tout s’en sont abstenus,
qui ont connu par expérience et cependant sont fidèlement
prudents, qui ont accepté ce qu’Allah leur a assigné
et se contentent avec ce qui est à leur portée.
Ils
ont compris qu’entendre, voir, et penser est compté pour
leurs bonnes et mauvaises actions et sont sujet à une estimation
du poids d’un atome. En conséquence, ils se sont sécurisés
avec la meilleure sécurité en préparation pour le
Jour du retour. Leurs discours ont parcouru les deux voies des préceptes
et allusions subtiles à la manière des Gens de Hadith mais
sans la poursuite de discours futils. Ils ne cherchent ni à se
faire voir dans la pratique des bonnes actions ni dans l’abandon
des bonnes actions par timidité. Leur religion est la déclaration
de la ténacité et le désavouement de la similitude.
Leur école est l’engagement dans les devoirs d’Allah,
dépendre de Lui, la soumission à Ses ordres, la satisfaction
avec ce qu’ils ont reçu de Lui, et référer
toute leur objection à Lui. «Telle est la grâce
d’Allah, Il la donne à qui Il veut. Et Allah est le Détenteur
de l’énorme grâce» (57:21).[138]
L’Imam
`Abd al-Qadir al-Baghdadi écrit dans Oussoul al-Din:
Le
livre Tarikh al-soufiyya (L’histoire des Soufis, plus connu
sous le nom de Tabaqat al-soufiyya ou le niveau des Soufis) par
Abou `Abd al-Rahman Soulami comprend la biographie d’à peu
près mille cheicks Soufis, aucun d’eux n’appartenant
à des sectes hérétiques et qui étaient de
la communauté Sunnite à l’exception seulement de trois:
Abou Hilman de Damas, qui prétendait être de Soufi mais qui
en réalité croyait à l’incarnation (houloul):
Houssayn ibn Mansour al-Hallaj dont le cas reste problématique,
alors que Ibn `Ata Allah, Ibn Khaif, et Abou al-Qassim al-Nassir Abadi
l’approuve [comme l’approuvent aussi les Hanbalis Ibn `Aqil,
Ibn Qoudama, et al-Toufi]; et al-Qannad, que les Soufis accusent être
un Mou`tazili et un rejeté, car le bon n’accepte
pas le mauvais.[139]
L’Imam
Abou al-Qasim al-Qouchayri (d.465)
Un
mouhaddith qui transmit des hadiths par milliers à ses
disciples à Nayssabour, à travers lesquels il combattit
les Mou`tazila jusqu’à ce qu’il s’enfuit
à la Mecque pour protéger sa vie, al-Qoushayri était
le disciple du grand cheick Soufi Abou `Ali al-Daqqaq. C’était
aussi un moufassir qui écrivit un commentaire complet
du Coran intitulé Lata'if al-icharat bi tafsir al-Coran
(Les subtilités et allusions dans le commentaire du Coran). Son
œuvre la plus fameuse, est cependant son Rissala ila al-soufiyya
ou épître aux Soufis, qui est l’un des premiers manuels
complets de la science du tassawwouf, ensemble avec le kitab al-louma'
(Le livre des Lumières) d’Abou Nasr al-Sarraj (d.378), le
Qout al-qouloub fi mou’amalat al-mahboub wa wasf tariq al-mourid
ila maqam al-tawhid (La nourriture des coeurs en liaison avec le
Bien-Aimé et la description de la voie des aspirants à la
station de la déclaration de l’unicité) d’Abou
Talib al-Makki (d.386), al-Ta’arrouf fi madhhab ahl al-tassawwouf
(Définir l’école des Gens de l’auto-purification)
d’Abou Bakr al-Kalabadhi (d.391), et le Tabaqat al-soufiyya (Les
niveaux biographiques des Soufis) d’Abd al-Rahman al-Soulami (d.411).
Les
lignes suivantes sont une transcription de la compilation de Qouchayri
des dires des cheicks Soufis définissant le tassawouf,
délivré dans une excellente traduction récente de
son Rissala par un disciple de Dr. Hamid Algar:
Toute
personne qui parle du sens du Soufisme et qui est Soufi, parle selon sa
propre expérience. M’étaler sur ce sujet m’enmènerai
au-delà de mon intention d’être bref dans mon travail.
Je mentionnerai ici certains dires des Soufis sur le sujet en vue de donner
une indication de leurs sens, si Allah le Tout-Puissant le veut.
Quand
Mouhammad al-Jourayri fut questionné au sujet du Soufisme, il expliqua,
«Cela signifie prendre toute sublime caractéristique morale
et de laisser toute basse morale.» Al-Jounayd dit , «Le Soufisme
signifie que Dieu te fait mourir en toi- même et te donne vie en
Lui.» Al-Houssayn b. Mansour, lorsqu’il fut questionné
au sujet du Soufi, commenta, «Il est solitaire par nature. Personne
ne l’accepte, et il n’accepte personne.» Abou Hamza
al-Baghdadi dit, «La marque du vrai soufi est qu’il devient
pauvre après avoir été riche, il expérimente
l’abaissement après avoir été hautement estimé,
et il devient inconnu après avoir été fameux. La
marque du faux Soufi est qu’il devient riche après avoir
été pauvre, il devient un objet de haute estime après
avoir été rabaissé, et il devient fameux après
avoir été inconnu.»
`Amr
b. `Outhman al-Malikki fut questionné au sujet du Soufisme, et
il affirma, «C’est, que le serviteur agisse selon tout ce
qui convient au moment.»
Mouhammad
b. `Ali al-Qassab dit, «Le Soufisme consiste aux caractéristiques
nobles montrés par un homme noble parmi de noble gens.» Lorsque
questionné sur le soufisme, Samnoun dit, «Il signifie que
tu ne possèdes rien et que rien ne te possède.» Rouwaum
observa au sujet du Soufisme, «Il signifie se débarasser
du soi pour être avec Dieu en tout ce qu’Il désire.»
Al-Jounayd fut questionné au sujet du Soufisme et il déclara,
«Cela signifie que tu sois seul avec Dieu sans attachement.»
Rouwaym b. Ahmad al-Baghdadi dit, «Le Soufisme est fondé
sur trois traits: adhéré à la pauvreté et
à la dépendance en Dieu, atteindre les vertus de la générosité
et le don désintéressé, abandonner la résistance
et le choix.» Ma`rouf al-Karkhi expliqua, «Le Soufisme est
tenir aux réalités cachées et couper espoir de tout
ce que possèdent les gens.»
Hamdoun
al-Qassar dit, «Soit ami avec les Soufis, car ils voient des raisons
pour pardonner les actes désagréables et ils ne sont pas
impressionnés par les bonnes actions au point qu’ils penseraient
que tu les salues dans l’intention qu’ils en performent.»
Lorsque questionné au sujet des adhérents au Soufisme, Al-Kharraz
répondit, «Ils sont des gens qui donnent jusqu’à
ce qu’ils expérimentent l’expension, qui se privent
eux-même jusqu’à ce qu’ils perdent toutes choses.
Ensuite, ils obéissent à l’injonction des mystères
qui sont autour d’eux: [Dis] «Levez-vous, pleurez sur notre
sort.» Al-Jounayd dit, «Le soufisme est une guerre dans laquelle
il n’y a pas de paix;» Il dit aussi, «Les Soufis sont
membres d’une seule famille dont nul ne peut entrer sauf eux-même.»
Il expliqua aussi, «Le Soufisme est l’invocation [de Dieu]
combinée avec la concentration interne, l’extase combinée
avec l’écoute attentive, et l’action combinée
avec la pratique de la Sunna»
Al-Jounayd
déclara, «Le Soufi est comme la terre – toutes sortes
d’ horreurs lui sont jetées, mais toutes sortes de biens
y poussent.» Il dit aussi, «Le Soufi est comme la terre –
tous deux, les vertueux et les pécheurs y marchent. Il est comme
les nuages – ils donnent de l’ombre à toutes les choses.
Il est comme la pluie – il arrose toutes les choses.» Il fit
aussi une remarque, «Si vous voyez un Soufi se soucier de son aspect
extérieur, alors sachez que son intérieur est corrompu.»
Sahl
b. `Abdallah commenta, «Le soufi est celui qui ne se plaindra pas
si son sang était répandu et sa propriété
lui était arrachée.» An-Nouri dit, «Un signe
du Soufi est qu’il est content lorsqu’il ne possède
rien et il donne de manière désintéressée
lorsqu’il possède assez.» Al-Kattani affirma, «Le
Soufisme est la bonne caractéristique morale. Quiconque a le dessus
sur toi en caractéristique morale te dépasse en pureté.»
Abou `Ali ar-Roudhbari dit, «Le Soufisme est rester à la
porte de l’amant même si tu y es écarté.»
Il dit aussi, «Le Soufisme est la pureté de la proximité
après l’impureté de l’éloignement.»
Il est dit, «La chose la plus odieuse est le Soufi avare.»
Il est dit aussi, «Le Soufisme est le vide de la main et la pureté
du cœur.» Ach-Chibli observa, «Le Soufisme est s’asseoir
avec Dieu sans souci.» Abou Mansour dit, «Le Soufi est celui
dont l’indication est de Dieu Le Plus Haut, car surement l’homme
est un signe de Dieu.» Ach-Chibli déclara, «Le Soufi
est séparé de l’humanité et unifié avec
Dieu comme Il dit [à Moïse], "Je t’ai attaché
à Moi-même (20:41), le séparant de toute
autre chose,. Ensuite Il lui dit, «Tu ne me verras jamais»
(7:143). Ach-Chabli dit encore, «Les Soufis sont des enfants sur
la piste de Dieu,» «Le Soufisme est un éclair de lumière
brillante,» et «le Soufisme c’est être protégé
de tenir compte de la création.» Rouwaym déclara,
«Les Soufis sont plein de bonté aussi longtemps qu’ils
se disputent l’un avec l’autre. Dès qu’ils font
la paix, il n’y a plus de bien en eux.»
Al-Jourayri
dit, «Le Soufisme signifie maintenir une conscience vigilante sur
son propre état et maintenir un comportement parfait.» Al-Mouzayyin
affirma, «Le Soufisme est la soumission à Dieu.» Abou
Tourab an Nakhshabi remarqua, «Le Soufisme n’est rendu impur
par aucune chose, et par lui toutes les choses sont rendues pures.»
Il est dit, «La recherche n’épuise pas le Soufi, et
les choses mondaines ne l’ennuient pas.» Lorsque Dhou'n-Noun
al-Misri fut questionné au sujet des Soufis, il répondit,
«Ce sont des gens qui préfèrent Dieu [Le Plus Exalté]
par rapport à toutes les choses et que Dieu préfère
par rapport à toutes les choses.» Al-Wassiti ( Que Dieu lui
accorde Sa Miséricorde) dit, «Au début, les Soufis
avaient été attribué des indications claires; ensuite
ces éléments deviennent seulement que des gestes, et maintenant
rien ne reste sauf du chagrin.»
An-Nouri
fut questionné au sujet des Soufis et il répondit, «Il
est celui qui entend l’audition et qui préfère les
causes qui engendrent le salut.» Abou Nasr as-Sarraj rapporte, «Je
demanda al-Housri, "qu’elle est ton opinion sur le Soufi?"
Il répondit "La terre ne le transporte pas ni les cieux ne
l’ombrage pas non plus.» Il fait allusion ici à l’effacement
des Soufis. Il est dit, «Le Soufi est celui qui, lorsqu’en
face de deux bons états ou de deux caractéristiques morales,
choisit le meilleur des deux.» Ach-Chibli fut questionné,
«Pourquoi les Soufis sont-ils appelés par ce nom?»
Il dit, «C’est à cause des traces du soi qui restent
en eux. Si ce n’était pas le cas, il n’y aurait pas
de nom qui leur aurait été attribué.» Ibn al-Jalla'
fut questionné, «Qui est appelé "Soufi"?»
L’un des Soufis déclara, «Le Soufisme signifie une
perte de dignité et de rang et un noircissement de la face dans
ce monde et dans celui de l’au-delà.» Abou Ya’qoub
al-Mazabili expliqua, «Le Soufisme est un état dans lequel
tous les attributs humains se dissipent.» Abou'l Hassan as-Sirwarni
dit, «Le Soufi est celui que est préoccupé avec les
états inspirés, non pas avec les litanies et les récitations.»
Le
maître Abou `Ali ad-Daqqaq (Que Dieu lui accorde Sa Miséricorde)
dit, «La chose choisie qui a été dite sur ce sujet
est, "Cette voie convient seulement à ces personnes dont Dieu
a utilisé les esprits pour balayer les tas de fumier".»
Pour cette raison, Abou `Ali dit un jour, «Si le disciple ne possède
plus rien que son esprit et s’il l’offre aux chiens à
sa porte, aucun chien n’y portera attention.» Le maître
Abou Sahl as-Sou`louki dit, «Le Soufisme c’est se détourner
des objections internes de ce que Dieu a décrétées.»
Al-Housri
commenta, «Le Soufi n’existe pas après sa non-existence
ni il est non-existant après son existence.» Ce point n’est
pas compréhensible sur le champ. Lorsqu’il dit, «Il
est non-existant après sa non-existence,» il veut dire qu’après
que ses défauts lui soient ôtés, ils n’y retournent
plus. Quand il dit, «Ni, il est non-existant après son existence,»
Il veut dire que s’il est entièrement orienté vers
Dieu, il ne décline pas au rang du genre humain ainsi les évènements
mondains n’ont pas d’effet sur lui.
Il
est dit, «Le Soufi est effacé dans les éclairs qu’il
reçoit de Dieu.» Il est dit, «Le Soufi est dominé
par le flux de souveraineté et voilé par le maintien de
la servitude.» Il est dit aussi que , «Le Soufi ne change
pas. Mais s’il devait changer, il n’aurait pas de chagrin.»
Al-Kharraz rapporta, «J’étais dans la mosquée
Cairouan au jour de la prière en congrégation, et je vis
un homme allant parmi les rangés d’adorateurs disant, 'Montrez-moi
la charité, car j’étais un Soufi, et maintenant je
suis devenu peu solide et faible." Alors je lui offris des aumônes,
et il me dit, "Laissez-moi, malheur à vous! Ceci n’est
pas ce que je cherche." Et il ne prit pas les aumônes.»[140]
Cheick
Abou Ismai`il `Abd Allah al-Harawi al-Ansari (d.481)
Un
cheick Soufi, un maître de hadiths (hafiz), et un commentateur
(moufassir) du Coran de l’école Hanbali, l’un
des plus fanatiques ennemis des innovateurs, et un disciple de Khwaja
Abou al-Hassan al-Kharqani (d.425) l’un des premiers grandcheick
de la voie Soufie Naqshbandi.[141] Il est cité
par Dhahabi dans son Tarikh al-islam et Siyar a`lam al-noubala',
Ibn rajab dans son Dayl tabaqat al-hanabila[142],
et Jami dans son livre en langue Persanne Manaqib-i cheick al-Islam
Ansari.[143]
Il
était un auteur prolifique de traités Soufis dont:
·
Manazil al-sa'irin, au sujet duquel Ibn Qayyim rédigea
un commentaire intitulé Madarij al-salikin;
· Kitab al-soufiyya (Les niveaux biographiques des maîtres
Soufis), qui est la version développée des premiers travaux
par Abou ‘Abd al-Rahman al-Soulami (d.411) portait le même
titre.
· Kitab ‘ila al-maqamat (Le livre des écueils
des niveaux spirituels, décrivant les caractéristiques des
niveaux spirituels pour le disciple et le maître dans la voie Soufie;
· Kitab sad maydan (en Perse, Le livre des cent compétences),
un commentaire sur le sens de l’amour dans le verset: «Si
vous aimez Allah, suivez-moi, et Allah vous aimera!» (3:31).
Ce livre rassemble les discours d’al-Harawi au cours de l’année
447-448 à la grande Mosquée de Hérat (aujourd’hui
Afghanistan) dans lequel il présente son exposition la plus éloquente
de la nécessité de suivre la voie Soufie.
· Kashf al-asrar wa ‘ouddat al-abrar (En perse,
Le dévoilement des secrets et le harnais des vertueux), en dix
volumes par al-Mayboudi, il contient le commentaire Coranique d’al-Harawi.
Imam
Ghazali (d.505)
Houjjat
al-Islam (La preuve de l’Islam), Abou Hamid al-Toussi al-Ghazali,
le Revivificateur du Cinquième siècle Islamique, savant
d’ousoul al-fiqh, et auteur de la plus célèbre
oeuvre sur le tassawwouf, Ihya' `ouloum al-din (La revivificaton
des sciences religieuses). Il dit dans son autobiographie, al-Mounqidh
min al-dalal (La délivrance de l’erreur):
La
voie Soufie consiste à purifier le coeur de tout ce qui est autre
qu’Allah… Je conclus que les Soufis sont des chercheurs dans
la Voie d’Allah, et leur conduite est la meilleure conduite, et
leur voie est la meilleure voie, et leurs manières sont les plus
sanctifiées. Ils ont purifié leur cœur de tout, sauf
d’Allah et en ont fait des sentiers pour que des rivières
y coulent, transportant la connaisance d’Allah.[144]
Comme
Ibn `Ajiba mentionne dans son Iqaz al-himam, al-Ghazali déclara
le tassawwouf être fard `ayn ou une obligation personnelle
pour tout Musulman responsable, homme et femme, «car personne sauf
les Prophètes n’est dépourvu de défauts et
de maladies internes.»[145]
Les
textes qui suivent sont traduits des extraits suivants de Ihya' `ouloum
al-din:
a)
Les définitions au début du livre Kitab charh `aja'ib
al-qalb (Le livre des explications des mystères du cœur);
b) Section intitulée: “Les soldats du Cœur” extrait
du même livre;
c) Section intitulée: «La domination de satan sur le coeur
à travers les murmures (al-waswas)» extrait du même
livre;
d) Section intitulée: «Les preuves…» du livre
Kitab riyadat al-nafs wa tahdhib al-akhlaq wa mou`alajat amrad al-qalb
(Le livre du dressage de l’égo et la discipline des
manières et le remède des maladies du cœur).
a)
Le sens de nafs: Il a deux sens. Premièrement cela signifie
les pouvoirs de la colère et l’appétit sexuel résidant
en l’être humain… et ceci est la compréhension
la plus commune dans le milieu des gens du tassawwouf, qui comprennent
le mot nafs comme l’élément responsable de
tous les mauvais attributs d’une personne. Ceci est la raison pour
laquelle ils disent: l’on doit combattre l’égo et le
briser comme cela est souligner dans le hadith: a`da `adouwwouka nafsouka
al-lati bayna janibayk – «Ton pire ennemi est ton égo
qui réside entre tes flancs.»[146] Il
est disponible dans le Kitab al-zouhd (Le livre des narrations
sur l’ascétisme) de Bayhaqi.
Le
deuxième sens de nafs est l’esprit, l’être
humain en réalité, son soi et sa personne. Cependant, il
est décrit différemment selon ses différents états.
S’il prend le calame en étant sous commande et s’est
débarassé des turbulances causées par l’attaque
de la passion, il est appelé «l’esprit apaisé»
(al-nafs al-moutma'inna)… Dans son premier sens, le nafs
n’envisage pas son retour à Allah parce qu’il s’est
maintenu à l’écart de Lui: un tel nafs est
du parti de satan. Mais s’il n’est pas source de tranquilité,
et qu’il s’érige contre l’amour des passions
et s’y oppose, il est appelé «l’âme auto-critique»
(al-nafs al-lawwama), parce qu’il réprimande son
maître pour sa négligeance dans l’adoration de son
maître… S’il cesse toute rébellion et se soumet
en totale obéissance à l’appel des passions et de
satan, il est nommé «l’esprit qui se joint au mal»
(al-nafs al-ammara bi al-sou')…
b)
Allah a armé des soldats qu’Il a placés dans le cœur
et les âmes et autres de Ses mondes, et nul ne sait leur vrai nature
et leur nombre exact excepté Lui-même… [Il commença
par expliquer que les jambes du corps, les cinq sens, la volonté,
l’instinct et les pouvoirs émotives et intellectuels sont
parmi ces soldats.] Sachez que les deux soldats de la colère et
de la passion sexuelle peuvent être complètement contrôlés
par le cœur… ou à l’opposé désobéir
et complètement se rebeller contre lui, jusqu’à ce
qu’ils l’asservissent. En cela repose la mort du coeur et
la fin de son voyage vers la joie éternelle. Le cœur a d’autres
soldats: La connaissance (`ilm), la sagesse (hikma)
et la pensée (tafakkour) dont il cherche l’aide
en réalité car ils sont du Parti d’Allah contre les
deux autres qui appartiennent au parti de satan…
Allah
dit: «Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité?»
(25-43) et «Il suivit sa propre passion. Il est semblable
à un chien qui halète si tu l’attaques, et halète
aussi si tu le laisses.» (7:176) et au sujet de la personne
qui contrôle les passions de son égo Allah dit: «Et
pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur,
et préservé son âme de la passion, le paradis sera
alors son refuge» (79:40-41).
Sachez
que le corps est comme une ville et l’intellect d’un être
humain adulte est comme un roi gouvernant cette ville. Toutes les forces
de ses sens externes et internes qu’il peut rassembler sont comme
ses soldats et ses assistants. L’égo qui s’associe
au mal (nafs ammara), qui est le désir et la colère,
est comme un ennemi qui le défie dans son royaume et lutte pour
exterminer ses sujets. Le corps devient alors comme une garnison ou un
avant-poste portuaire, et l’âme comme sa garde. S’il
combat contre ses ennemis et les défait et les contraint à
faire ce qu’il aime, il sera loué lorsqu’il retournera
dans la présence d’Allah, comme Allah dit: «Allah
a mis les combattants au-dessus des non- combattants en leur accordant
une rétribution immense» (4:95).
c)
Les pensées qui agitent les désirs de l’un sont de
deux sortes: louables et qui est appelé «inspiration»
(ilham), ensuite blâmables qui est appelé «insouffler»
(waswassa)… Le cœur est sous l’emprise mutuelle
d’un satan et d’un ange… L’ange est une créature
qu’Allah a créé pour un bénéfice débordant,
l’octroiement de la connaissance, le dévoilement de la vérité,
la promesse de récompense, et l’ordonnance du bien…
satan est une créature dont la besogne est de s’opposer contre
tout ceux-ci…Waswa contre ilham, satan contre ange, et succès
(tawfiq) contre désolation (khidhlan).
Le
Prophète
dit: «Il
y a deux impulsions dans l’âme, l’une provient d’un
ange qui appelle vers le bien et confirme la vérité; quiconque
ressent ceci, qu’il sache que cela est d’Allah et qu’il
Le loue. L’autre impulsion provient de l’ennemi, le conduit
au doute, nie la vérité, et interdit le bien; quiconque
ressent ceci, qu’il cherche refuge en Allah contre le démon.»
Ensuite il récita le verset: «Le diable vous fait
craindre l’indigence et vous commande des actions honteuses»
(2:268).[147]
Le
Prophète
dit:«Il
n’y personne parmi vous qui n’a pas de démon en lui.»
Ils dirent: «Même en toi, O Messager d’Allah?»
Il dit: «Même en moi, mais Allah m’a aidé à
le vaincre et il s’est soumis à moi, ainsi il n’ordonne
rien que le bien»[148]… L’offensive
mutuelle entre les soldats des anges et les démons est constante
dans le combat sur le coeur jusqu’à ce que le cœur soit
conquit par l’une des deux parties qui implante sa nation et s’y
installe… Et la plupart des cœurs ont été saisi
par les soldats de satan, qui les remplit d’idées qui appellent
à aimer ce monde temporaire et à négliger l’au-delà.
d)
Le Prophète
dit:
al-moujahidou man jahada nafsahou fi ta`at Allah – «Le
vrai combattant contre l’incroyance est celui qui combat contre
son égo en obéissant à Allah»[149]…
Soufyan al-Thawri dit: «Je ne me suis jamais occupé d’aussi
fort d’une chose contre moi que mon égo; il était
un moment avec moi et un autre moment contre moi»… Yahya ibn
Moua`adh al-Razi dit: «Lutter contre ton égo avec les quatre
sabres de l’apprentissage: mange peu, dort peu, parle peu, et soit
patient lorsque les gens te font du tort… Alors l’égo
marchera sur les voies de l’obéissance, comme un chevalier
s’élançant dans le champ de battaille.»
Ceux
Qui Attaquent L’Imam Ghazali
Les
Salafis d’aujourd’hui ont revivifié un mauvais trait
particulier des immoraux du passé qui consiste à attaquer
l’Imam Ghazali, désobligeant ceux qui lisent ses travaux
et les citant pour illustrer leurs opinions. Ceci concerne spécialement
sa pièce maîtresse Ihya' `Ouloum al-Din, parce que
c’est un point de repère du tassawwouf que les ennemis
du tassawwouf trouvent particulièrement vexant à
cause de l’immense succès qu’elle a eu parmi les lecteurs.
Certains vont même trop loin, jusqu’à prétendre
que Ghazali était insensé lorsqu’il le rédigea,
d’autres interprètent mal l’indication de Ghazali à
sa mort au sujet de Boukhari comme une renonciation au tassawwouf,
d’autres encore ravivent les condamnations du livre par une poignée
de savants reconnus pour leur position anti-soufie. Mais Allah a permis
au livre de s’ériger haut au-dessus des clameurs de ses détracteurs,
et ses traductions ne font que s’accroître en nombre et en
qualité. Les lignes suivantes ont pour but de fournir aux lecteurs,
avec des sources fiables concernant sa vie et ses travaux ainsi que pour
nous protéger avec l’aide d’Allah contre les calomnies
de l’ignorance et de l’envie.
Salah
al-Din al-Safadi (d.764), le disciple d’Abou Hayyan al-Andalousi,
rapporte dans son célèbre dictionnaire biographique intitulé
al-Wafi – qui contient plus de 14000 biographies:
Mouhammad
b. Mouhammad b. Mouhammad b. Ahmad, la Preuve de l’Islam, l’Ornement
de la Foi, Abou Hamid al-Tussi[150] (al-Ghazali),
le juriste Chafi`i, était sans rival au cours de ses dernières
années.
En
488, il renonça entièrement à toute sa propriété
mondaine et sa fonction de professeur à Nizamiyya où il
enseigna depuis 484, et suivit la voie de la renonciation et de la solitude.
Il effectua un Pèlerinage, et à son retour, il dirigea ses
pas en Syrie où il resta quelque temps dans la ville de Damas,
donnant des conseils dans la mosquée hospice (zawiyat al-jami`)
qui porte désormais son nom dans le quartier ouest. Ensuite, il
voyagea à Jérusalem, s’employant énormément
à l’adoration et à visiter les lieux saints. Ensuite,
il se rendit en Egypte, restant quelque temps à Alexandrie…
Il
retourna à Tus sa ville natale (juste avant 492). Là-bas,
il compila un certain nombre de volumes importants [parmi lesquels le
Ihya´] avant de retouner à Nissabour, où il était
obligé de dispenser des cours à la Nizamiyya (499). Il abandonna
immédiatement ceci et revint dans son village où il assûma
la direction d’une maison de retraite (khaniqah) pour Soufis et
d’une université voisine pour ceux occupés à
la recherche de la connaissance. Il répartit son temps entre la
récitation du Coran et dispenser des cours aux Gens du Cœur
(les Soufis)…
Cette
œuvre est parmi la plus noble et la plus importante, à tel
point qu’il fût dit à son propos: Si tous les livres
de l’Islam venaient à être perdus sauf l’Ihya´,
elle aurait été suffisante pour les remplacer… Ils
l’accusaient d’y avoir inclu des hadiths qui n’étaient
pas reconnus comme authentiques, mais une telle inclusion est permise
dans les travaux d’encouragement du bien et l’interdiction
du mal (al-targhib wa al-tarhib). Le livre reste toujours extrêmement
important. L’Imam Fakhr al-Din al-Razi avait l’habitude de
dire: «Ce fût comme si Allah avait rassemblé toutes
les sciences sous un dôme, et les montra à al-Ghazali,»
ou quelque chose de ce genre. Il rendit l’âme… à
Tabaran… la citadelle de Tus, où il fut enterré.[151]
Ce
qui a été dit ci-dessus refute clairement la fabrication
de ceux qui disent que Ghazali désavoua le tassawwouf
vers la fin de sa vie. Voyons maintenant la fabrication de ceux qui essaient
de faire une différence entre le Ghazali d’Ousoul al-fiqh
et le Ghasali du tassawwouf. Lorsqu’on leur dit que les
livres de l’Imam Ghazali sur la méthodologie et les fondations
des lois Islamiques sont considérés nécessaires dans
le domaine – tel que son Moustafa et Mankhoul ainsi que Chifa´al-ghalil
– ils disent qu’il les rédigea bien avant sa période
de retraite où il adopta la tassawwouf. En réalité,
la plus grande partie et les plus compréhensifs des quatre livres
qu’il rédigea sur Ousoul al-fiqh (Les principes
des lois) fut composée au cours de la dernière période
de sa vie comme le dit Dr. Taha al-`Alwani dans son livre Ousoul al-fiqh
al-islami:
La
source de Méthodologie de l’Encyclopédie de la Chari`a
de l’Imam Ghazali, son quatrième livre sur le sujet, et son
dernier mot fut al-Moustafa, qui a été publié plusieurs
fois en Egypte et ailleurs. En réalité, ceci est l’oeuvre
qu’il rédigea après qu’il soit sorti de sa période
de méditation et de retraite.[152]
La
note sur Ghazali dans `Oumdat al-Salik dit:
A
Damas il a vécu en retraite pendant environ dix années,
engagé dans la lutte spirituelle et le souvenir d’Allah,
à la fin de cette retraite, il émergea pour produire sa
pièce maîtresse Ihya´ `Ouloum al’Din [La
revivification des Sciences Religieuses], un classique parmi les livres
des Musulmans au sujet de la constante crainte que l’on doit avoir
dans ses relations avec Allah (taqwa), l’illumination de
l’âme à travers Son obéissance y compris les
niveaux de l’acquisition des croyants. L’œuvre montre
comment personnellement Ghazali a perçu profondément ce
qu’il a écrit, et sa magistrale réponse à plusieurs
centaines de questions au sujet de la vie interne dont nul avant lui avait
parlé ou résolu, ceci est une performance d’excellence
soutenue qui montre l’intellect bien discipliné de son auteur
et une profonde appréciation de la psychologie humaine. Il a écrit
aussi presque deux cent autres oeuvres sur la théorie du gouvernement,
la Loi sacrée, les réfutations des philosophes, les principes
de la foi, le Soufisme, l’exégèse Coranique, la théologie
scolastique et les bases de la jurisprudence Islamique.[153]
Qu’en
est-il au sujet des critiques de l’intellect de Ghazali? Le plus
éloquent en ceci, fut ibn al-Jawzi – un détracteur
des Soufis – rejette le Ihya´ dans quatre de ses
oeuvres: I`lam al-ahya´ bi aghlat al-Ihya´ (Informer
le vivant au sujet des erreurs de l’Ihya´, Talbis Iblis, Kitab
al-qoussas,[154] et son histoire al-Mountazam fi
tarikh al-moulouk wal-oumam.[155] Ses vues influencèrent
Ibn Tayimiyya et son élève Dhahabi. La base de leur position
était l’utilisation de hadiths faibles par Ghazali, dont
une liste est fournie par Taqi al-Din al-Soubki dans son Tabaqat.
Leur critique est-elle justifiée ou est-elle une exagération?
Plus probablement une exagération dans la mesure où les
deux hafiz al-`Iraqi (d.806) et al-Zabidi (d.1205) après al-Ghazali,
documentèrent individuellement chaque hadith du Ihya et
ne mirent pas en doute de manière globale son utilité. Au
contraire, ils acceptèrent son immense réputation parmi
les Musulmans et contribuèrent à son embellissement et à
sa propagation comme un manuel de progrès spirituel. Et comme Soubki
le souligna, Ghazali n’excella jamais dans le champ du hadith.[156]
Plus important, la majorité des maîtres de hadiths soutiennent
l’utilisation de hadiths faibles en vue d’en dériver
des décisions légales, dans l’encouragement du bien
et le découragement du mauvais (al-targhib wa tarhib),
comme plusieurs maîtres de hadiths l’ont indiqué aussi
bien que certains savants tels que al-Safadi.[157]
Il doit être su que Ghazali incorpora tous les matériaux
qu’il jugea utile à sa cause didactique sur la base du contenu
au lieu de l’origine ou la chaîne de transmission; de même
que la plupart du Ihya consiste en des citations du Coran, de hadiths,
et les dires d’autres que Ghazali, sa propre prose ne comptant que
pour moins de 35% du travail;[158] et que la plupart
du vaste nombre de hadiths cités sont authentiques à l’origine.
En
conclusion, nous disons comme al-Safadi que l’Ihya se classe
comme une œuvre de targhib ou éthique, qui est le
domaine principal du tassawwouf. Le critère et l’authenticité
comme évidence citée dans ces travaux sont moins rigoureux
que les travaux de `aqida et de fiqh selon la majorité
des savants, comme la section prochaine le démontre. Tenir les
travaux de tassawwouf sur les critères du dernier cas
c’est blâmer les pommes de ne pas être des oranges.
En conséquence, comme al-Safadi l’indiqua correctement, la
critique de Ihya´ `ouloum al-din par certains sur la base
de hadiths faibles n’a pas de fondement, ni également les
critiques de travaux semblables, par exemple la critique de Dhahabi sur
le Qout al-qouloub d’Abou al-Makki et autres. Ceux qui
se cramponnent à de telles critiques, cependant qu’ignorant
l’approbation massive du tassawwouf et de ses livres par
les savants Musulmans se cramponnent à leur propre préjugé
contrairement à la connaissance fiable. Notre conseil à
ces frères est: Nous vous rappelons le conseil d’al-Dhahabi
dans sa note biographique sur Ibn al-Farid dans Mizan al-i`tidal:
«Ne vous empressez pas à juger, au contraire, retenez la
meilleure opinion des Soufis»;[159] et le conseil
de l’Imam Ghazali dans al-Mounqidh min al-dalal: «Ayez de
bonnes pensées (au sujet des Soufis) et ne nourrissez pas de doute
dans votre cœur»;[160] et la fatwa d-Ibn Hjar al-Haytami concernant
les critiques de ceux qui respectent le tassawwouf et croient
aux awliya´: «Des mauvaises pensées à leur sujet
(Les Soufis) signifient la mort du cœur.»[161]
Prenez ce qui est excellent dans chacun des travaux des Soufis de la bonne
manière, respectez les maîtres du tassawwouf, le
plus petit parmi eux s’érige haut au-dessus de vous en savoir,
ne cherchez pas le désaccord parmi les savants, et accrochez-vous
à l’humilité et au respect devant ceux qui parlent
au sujet d’Allah Duquel provient tout succès.
La
Validité de Hadiths Faibles
Nous
concluons la discussion sur Ihya´ `ouloum al-din avec les
déclarations sur la permissibilité de hadiths faibles par
les maîtres de hadiths, établissant comme l’Imam al-Sakhawi
déclara dans la conclusion de son livre al-qawl al-badi´,
que «La majorité des savants (al-joumhour) supportent
qu’un hadith faible peut être utilisé comme une base
pour mener une bonne action et achever un bon caractère mais pas
pour des règles légales.»
Ibn
Hajar écrit dans Hadi al-sari:
Malik
et Boukhari ont une différente compréhension de la validité
des hadiths. Malik ne considère pas l’interruption dans la
chaîne comme une défaillance dans le hadith. Pour cette raison,
il cite des hadiths avec des chaînes interrompues du type moursal
et mounqati, et des communications sans chaînes (balaghat)
comme une partie de l’objet principal de son livre (al-Mouwatta´),
alors que Boukhari, considère l’interruption comme une défaillance
dans la chaîne de transmission. Ainsi, il ne cite pas ces hadiths
sauf comme quelque chose en dehors de l’objet principal de son livre
(al-jami` al-sahih), par exemple les commentaires (ta`liq)
et les titres de chapîtres.[162]
Al-Hakim (d.405) rapporte dans son Madkhal, un manuel sur la science de
hadiths:
J’entendis
Abou Zakariyya al-`Anbari dire que Mouhammad ibn Ichaq ibn Ibrahim al-Hanzali
lui dit que son père avait l’habitude de rapporter d’`Abd
al-Rahman ibn Mahdi qu’il avait l’habitude de dire: «Nous
étions conciliants concernant l’isnad au sujet de la récompense
et la punition et des actions vertueuses, et étions indulgents
envers les gens (c’est-à-dire concernant leur identité
et fiabilité); mais lorsque nous transmettions au sujet de ce qui
est légal et ce qui est interdit, nous sommes stricts avec l’isnad
et examinons minutieusement les gens.»
J’ai
entendu Abou Zakariyya Yahya ibn Mouhammad al-`Anbari dire qu’il
entendit Abou al-`Abbas ibn Mouhammad al-Sijzi dire qu’il entendit
al-Naufali dire qu’il entendit Ahmad ibn Hanbal dire: «Lorsque
nous transmettons de l’apôtre d’Allah
au sujet de ce qui est permis et ce qui est interdit, au sujet des ordonnances
légales, nous sommes stricts; mais lorsque nous transmettons du
Prophète au sujet des actions vertueuses et ce qui n’est
pas établi ou d’abroger une ordonnance légale, nous
sommes conciliants avec les isnads.»[163]
Voici
est le texte complet de Sakhawi extrait d’al-qawl al-badi`:
Cheick
al-Islam Abou Zakariyya al-Nawawi dit dans l’Adhkar:
Les
`oulama parmi les experts en hadiths et les experts en loi et
autres ont dit: il est permis et recommandé que la pratique religieuse
(al-`amal) concernant les bonnes actions et le bon caractère
(al-fada’il), l’encouragement au bien et le découragement
du mal (al-targhib wa tarhib) soient basés sur des hadith
faibles aussi longtemps que ce n’est pas inventé. En ce qui
concerne les règles légales, (ahkam) ce qui est
permis et ce qui est interdit, ou les modalités des échanges,
le mariage, le divorce et autres: la pratique de l’un n’est
basée sur rien d’autre que les hadiths solides (sahih)
ou les hadiths fiables (hassan), en guise de précaution,
dans certains cas relatifs à l’un des éléments
cités ci-dessus, par exemple, si un hadith faible était
cité au sujet de la répréhensibilité (karahat)
de certains types de ventes ou de mariages. Dans ces cas, ce qui est recommandé
(moustahabb) est d’éviter une telle vente et un
tel mariage, mais ce n’est pas obligatoire.
N’étant
pas d’accord avec ceci, Ibn al-`Arabi al Maliki dit: «Absolument
aucune pratique n’est basée sur un hadith faible.»
J’ai
entendu mon cheick (Ibn Hajar al-`Asqalani) insister sur les dires suivants,
et lui-même me le remit sous forme rédigée:
Les
conditions pour des pratiques religieuses basées sur du hadith
faible sont de trois:
1-
Il y a une unanimité sur ceci: le plus faible ne doit pas être
le plus fort. Ceci exclue les hadiths individuellement collectionnés
par les menteurs ou ceux accusés de mensonge, et ceux qui font
des erreurs scandaleuses.
2- Qu’il y est pour cela une base légale générale.
Ceci exclue ce qui est inventé et qui n’a pas de base légale
de départ.
3- Que l’un ne pense pas, pendant que l’utilisant comme fondement
de base, qu’il a été établi comme vrai. Ceci
est dans l’ordre de ne pas attribuer au Prophète
des
mots qu’il n’a pas dits.
Les
deux dernières conditions sont d’Ibn `Abd al-Salam et son
compagnon Ibn Daqiq al-`Id; Abou Sa`id al-`Ala'i rapporta l’unanimité
sur le premier.
Je dis: ¨Il a été rapporté de l’Imam Ahmad
que l’on peut pratiquer sur la base de hadiths faibles s’il
n’y plus d’autre hadith à cet effet et s’il n’y
a pas de hadith qui le contredit¨. Dans une autre narration, il est
rapporté dire: «Je préfère le hadith faible
par rapport à l’opinion des gens.» Ibn Hazm a similairement
mentionné que les savants Hanafi unanimement sont d’accord
avec l’école d’Abou Hanifa qui supporte que le hadith
faible est préférable à l’opinion (ra'y)
et à l’analogie (qiyas). Ahmad fut questionné
au sujet de quelqu’un se trouvant dans un pays avec, en main un
possesseur de hadiths (hadith sahib) qui ne sait pas la différence
entre du solide et du non-solide, et, dans l’autre, avec un possesseur
d’opinion (sahib ra'y): Qui devrait-il consulter? Il répondit;
« Qu’il consulte le détenteur de hadiths et non le
détenteur d’opinions.»
Abou
`Abd Allah Ibn Mandah rapporta d’Abou Dawoud, l’auteur du
Sounan et élève de l’Imam Ahmad, avait l’habitude
de citer la chaîne de transmission d’un hadith faible s’il
ne pouvait pas trouver mieux que cela sous ce titre particulier (bab),
et qu’il le considérait comme une évidence par rapport
à l’opinion.
Ce
qui émerge de cela est qu’il y a trois vues divergentes:
-
Aucune pratique n’est basée sur du hadith faible ;
- Une pratique y est basée si aucune autre évidence n’est
trouvée sous le même titre;
- La majorité des savants (al-joumhour) soutiennent que
le hadith faible peut être utilisé comme base pour pratiquer
des bonnes actions et achever un bon caractère, mais non pour des
règles légales. Et Allah est Celui qui garanti le succès.[164]
Certains
questionnent à tort le fait que l’Imam Ahmad permis l’utilisation
de hadiths faibles à la lumière de l’affirmation d’Ibn
Taymiyya dans son Qa`ida fi al-tawassoul: « Celui qui rapporte
d’Ahmad qu’il avait l’habitude de se baser sur du hadith
faible, qui n’est pas sahih ou hassan, a fait une erreur.»[165]
Cependant, ceci ne contredit pas l’opinion de l’Imam Ahmad
citée ci-dessus par Sakhawi comme l’Imam Ahmad n’appliqua
pas de hadiths faibles au ahkam ou les règles légales. Ainsi
ce que Ibn Taymiyya veut dire est: «Celui qui rapporte de l’Imam
Ahmad qu’il avait l’habitude de se baser sur du hadith faible
en dérivant des règles légales dans la Chari`a.»
a l’exception des règles, il n’y a pas de doute que
l’Imam accepta le hadith faible, comme rapporté par al-Hakim
dans al-Madkahl déjà cité, et confirmé par
Ibn `Arabi al-Maliki dans `Aridat al-ahwadhi.[166]
Ceci est confirmé par Ibn Taymiyya, lui-même, quelque part
dans son œuvre:
Ahmad
ibn Hanbal et les autres savants permirent la narration de hadiths regardant
les vertus aussi longtemps que ce n’est pas du mensonge… comme
il possible que la récompense puisse être vraie, quoiqu’aucun
des Imams n’ont dit qu’il est permis de considérer
quelque chose d’obligatoire (wajib) ou recommandé
(moustahabb) par la voie de hadiths faibles, et quiconque dit
cela diffère du consensus.[167]
Cependant,
Ibn Taymiyya prétend “qu’aucun des Imams n’a
déclaré une action recommandée par la voie d’un
hadith faible, et quiconque dit ceci diffère du consensus”
est évidemment incorrect, comme cela est prouvé par l’allusion
indiscutable de Sakhawi aux dires de Nawawi déjà cités:
Les
`oulama parmi les experts en hadiths et les experts en Lois et
autres ont dit… par exemple, si un hadith faible était cité
au sujet la répréhensibilité (karahat) de
certains genres de ventes ou de mariages…ce qui est récommandé
(moustahabb) est d’éviter ces ventes et mariages,
mais ce n’est pas obligatoire.
Abou
al-Wafa' Ibn `Aqil al-Hanbali (d.513)
Comme
al-Harawi al-Ansari, il était un hafiz et un faqih
de l’école Hanbali; il fut un ardent défenseur de
la Sunna et du tassawwouf. Il est considéré comme
un revivificateur de l’école de l’Imam Ahmad, quoiqu’il
eut plusieurs maîtres appartenant à différentes écoles.
Comme plusieurs Soufis de son école entre autre Ibn Qoudama (d.620)
et al-Toufi (d.715), Ibn `Aqil considérait al-Hallaj comme un wali
(saint) et ne douta pas de sa sincérité ni de sa vertu.
Ibn al-Jawzi rapporta qu’il avait en sa possession la copie autographiée
d’un traité d’Ibn `Aqil écrit en éloge
à al-Hallaj, intitulé jouz' fi nasr karamat al-Hallaj
(Opuscule à l’éloge du don d’al-Hallaj). Ibn
'Aqil était universel et dans son Kitab al-founoum se
serait étendu sur huit cent volumes dont un seul est encore existant.[168]
suite de la position des Savants
Sommaire
[45]
Ibn al-Jawzi, Sifat al-sawfa 2(4):10 (#570).
[46]
Ibn al-Qayyim, Rawdat al-mihibbin p.225.
[47]
Abu Nu’aym, Hilyat al-awliya’ 6:155.
[48]
Ibn Taymiyya, al-Tassawwouf dans Majmou’a al-fatawa
al-koubra 11:16.
[49]
Rapporté par Mouslim, Ahmad, Tirmidhi, et Ibn Majah.
[50]
Dans Ghazali, trad. T.J.Winter, l'évocation de la mort p.18.
[51]
Ibn ‘Abidin, Hashiyat radd al-muhtar ‘ala al-durr al-mukhtar
1:43.
[52]
Ibn Qayyim, Madarij al-salikin; Ibn al-Jawzi, Sifat al-safwa
(Béirut: dar al-kutub al-‘ilmiyya, 1403/1989) 1
(2):203 (#254); Abu Nu’aym, Hilyat al-awliya, s.v. “Abu
Hashim al-Sufi.”
[53]
Ibn al-Jawzi, op. Cit.
[54]
Ibn al-Jawzi, Sifat al-safwa 1(2):120.
[55]
`Ali al-Qari, Charh ‘ayn al-‘ilm wa-zayn al-hilm
(Le Caire: Maktabat al-Thaqafa al-Diniyya, 1989) 1:33; Ahmad
Zarrouq, Qawa’id al-tassawwouf (Le Caire, 1310); `Ali al-`Adawi,
Hachiyat al-`Adawi `ala charh Abi al-Hassan li-rissalat Ibn Abi Zayd
al-moussammat kifayat al-talib al-rabbani li-rissalat Ibn Zayd al-Qayrawani
fi madhhab Maalik (Béyrout?: Dar Ihya’ al-Koutoub
al-‘Arabiyah, <n.d.>) 2:195; Ibn ‘Ajiba, Iqaz
al-himam fi sharh al-hikam (Le Caire: Halabi, 1392/1972) p.5-6.
[56]
Ibn ‘Ajiba, Iqaz al-himam 5-6.
[57]
Souyouti, Ta’yid al-haqiqa al-‘aliyya p.15
[58]
al-‘Ajlouni, Kashf al-Khafa wa mouzil al-albas 1:341 (#1089).
[59]
Al-Saffarini, Ghidha’ al-albab li-sharh manzoumat al-adab
(Le Caire: Matba’at al-Najah, 1324/1906) 1/120.
[60]
Cité dans le livre Tanwir al-Gouloub, p.405. par cheick
Amin al-Kourdi.
[61]
‘Abd al-Qahir al-Baghdadi, Kitab Ousoul al-Din p.308-309;
Taj al-Din Soubki, Tabaqat al-shafi’iyya 2:275; Jamal al-Din
al-Isnawi, Tabaqat al-Shafi’iyya 1 (#9)26-27.
[62]
Al-Soubki le mentionne dans Tabaqat al-shafi’iyya. Une
copie est disponible à la bibiothèque Chester Beatty, ,s.
3184 (2).
[63]
Muslim, Iman; Ahmad 4:73.
[64]
Al-Mouhassibi, Kitab al-Wassaya, ed. ‘Abd al-Qadir Ahmad
‘Ata (Le Caire, 1384/1964) 27-32.
[65]
Al-khatib al-Baghdadi, Tarikh Baghdad 8:214.
[66]
Soubki, Tabaqat al-shafi’iyya 2:279.
[67]
Ceci est rapporté dans Sounan al-Bayhaqi (3:121), al-Moughni
(2:186-187) et quelque part ailleurs.
[68]
«La chaîne de transmission de cette histoire est fiable, mais
le rapport en lui-même est rejeté, car mon coeur ne l’accepte
pas. Je ne pense pas que Ahmad puisse faire chose pareille.» Dhahabi,
Mizan al-I’tidal 1:430 (#1606).
[69]
Al-Dhahabin, Siyar a`lam al-noubala', éd. Mouhammad ibn
Hassan Moussa (Jeddah: Dar al-andalous, 1995) #508.
[70]
Al-Dhahabi, mizan al-I’tidal 3:214
[71]
al-Dhahabi, Mou’jam shouyoukal-Dhahabi, al-Mou-jam al-kabir,
ed. Mouhammad Habib al-Hayla (Ta’if; Maktabat al-Siddiq,
1408/1988) 1:37.
[72]
Ibid.1:48.
[73]
Ibid.1:58.
[74]
Ibid.1:72.
[75]
Ibid.1:77.
[76]
Ibid.1:91. Cf. Ibn Kathir, al-Bidaya 14:37, 106-107; Soubki,
Tabaqat 9:20-22.
[77]
Al-Dhahabi, Mou`jam chouyouk al-Dhahabi, 1:104.
[78]
Ibid.1:131.
[79]
Ibid.1;136
[80]
Ibid.1:157-158.
[81]
Ibid.1:322.
[82]
Ibid.1:160.
[83]
Ibid.1:163.
[84]
Ibid.1:184.
[85]
Ibid.1:209.
[86]
Ibid.1:216.
[87]
Ibid.1:222.
[88]
Ibid.1:253.
[89]
Ibid.1:258.
[90]
Ibid.1:277.
[91]
Ibid.1:298.
[92]
Ibid.&:314.
[93]
Ibid.1:323-324.
[94]
Ibid.1:339.
[95]
Ibid.1:379.
[96]
Ibid.1:381.
[97]
Ibid.1:393-394.
[98]
Ibid.1:399.
[99]
Ibid.1405.
[100]
Ibid.1:415.
[101]
Ibid.1:421.
[102]
Ibid.&:441.
[103]
Ibid.2:49.
[104]
Ibid.2:83.
[105]
Ibid.2:90.
[106]
Ibid.2:100.
[107]
Ibid.2:101.
[108]
Ibid.2:139-140.
[109]
Ibid.2:143.
[110]
Ibid.2:146.
[111]
Ibid.2:148.
[112]
Ibid.2:181
[113]
Ibid.2:193.
[114]
Ibid.2:195.
[115]
Ibid.2:205.
[116]
Ibid.2:216.
[117]
Ibn Kathir dans al-Bidaya 14:75, Soubki dans Tabaqat
9:162.
[118]
Al-Dhahabi dans Mou`jam chouyouck al-Dhahabi, 2:244.
[119]
Ibn Kathir dans al-Bidaya 14:131-132, Ibn Hajar dans al-Dourar
al-Kamina 4:193, al-Soubki dans Tabaqat 9:191.
[120]
Al-Dhahabi dans Mou`jam chouyouck al-Dhahabi, 2:267.
[121]
Ibid.2:282-283/
[122]
Ibid.2:323-324.
[123]
Ibid.2:325.
[124]
Ibid.2:331.
[125]
Ibid.2:335-336.
[126]
Ibid.2:403.
[127]
Ibid.2:405.
[128]
al-Dhahabi dans Tadhkirat al-houffaz (Béirout: Dar
al-Koutoub al-`Ilmiyah).
[129]
Soubki, Q’ida p.53.
[130]
Ibn al-Jawzi, Sifat al-sawfa 2(2):200 (#763).
[131]
Ibid.
[132]
Dans ‘Afif al-Din Abou Mouhammad ‘Abd Allah Asad al-Yafi’I
(d. 768), Nashr al-mahassin al-ghaliya fi fadl mashayikh al-soufiyya
(Béyrut: Dar Sadir, 1975)
[133]
al-Jounayd, Kitab dawa’ al-arwah, ed. & trad. A.J.Arberry
dans le journal de la Société Royale Asiatique (1937).
[134]
Hadith moursal mawqouf rapporté par al-Hakim de Makhoul,
Ibn al-Moubarak de Abou al-Darda’, et Daylami de Abou Hourayra.
Souyouti le cite dans al-Dhourr al-manthur 6:86.
[135]
Boukhari, Mouslim, Ibn Majah, Tirmidhi, Ahmad.
[136]
Ibn Majah, Tirmidhi, al-Hakim.
[137]
Al-Hakim al-Tirmidhi, Adab al-mouridin, ed. ‘Abd al-Fattah
‘Abd Allah Baraka (Le Caire: Matba’at as-sa’adat, 1976)
p. 33-41.
[138]
‘Abd al-Qadir al-Baghdadi, al-Farq bayn al-firaq (Béïrut:
dar al-koutoub al-‘ilmiyya,n.d.) 242-243.
[139]
‘Abd al-Qadir al-Baghdadi, Ousoul al-din p.315-16.
[140]
Al-Qoushayri, al-Rissala, traduit par B.R. Von Schlegell, Les principes
du Soufisme (Berkeley: Mizan Press, p. 301-307.
[141]
La chaîne des maîtres Naqshbandi au temps de al-Kharqani est
comme suit: Abou yazid al-Bistami ® Abou al-Hassan al-Kharqani ®
Abou ‘Ali al-Farmadi (le maître de Ghazali) ® Abou Youssouf
al-Hamadani ® Abou al-‘Abbas al-Khidr ® ‘Abd al-Khaliq
al-Ghoujdawani.
[142]
Ibn Rajab, Dhayl ‘ala tabaqat al-hanabila (Damas, 1951) 1:64-85.
[143]
Edité par A.J. Arberry, “La Biographie Ansari de Jami”
dans Le Trimestriel Islamique (Juillet-Décembre 1963) p. 57-82.
[144]
Al-Ghazali, al-Mounqidh min al-dalal, p.131.
[145]
Ibn `Ajiba, Iqaz al-himam p.8.
[146]
Al-`Iraqi le cite dans Bayhaqi sur l’autorité d’Ibn
`Abbas et sa chaîne de transmission contien Mouhammad ibn `Abd al-Rahman
ibn Ghazwan, l’un des faussaires.
[147]
Tirmidhi: hassan; Nissa'I; `Iraqi ne pas considéré de faible
(la chaîne de transmission)
[148]
Mouslim.
[149]
Un hadith sahih rapporté par Tirmidhi, Ahmad, Tabarani, Ibn Majah,
Ibn Hibban, al-Hakim, et Qouda`i.
[150]
Note du traducteur: lire Toussi.
[151]
Salah al-Din Khalil ibn Aybak al-Safadi, al-Wafi bi al-wafayat (Wiesbaden,
1962-1984) 1:274-277 (#176).
[152]
Taha Jaber al-`Alwani, Ousoul al-fiqh: La source de la Méthodologie
en Jurisprudence Islamique, ed. Youssouf Talal Delorenzo (Herndon, VA:
IIIT, 1411/1990) p. 50.
[153]
Reliance of the Traveller (La Dépendance du Voyageur) p. 1048.
[154]
Ibn al-Jawzi, Kitab al-qoussas wa al-moudhakkirin p.201.
[155]
Ibn al-Jawzi, al-Moutazam 9:169.
[156]
Taqi al-Din al-Soubki, Tabaqat al-shafi`iyya 4:179-182.
[157]
Voir al-Hakim, al-madkhal li `ilm al-hadith (le début),
le Dala'il al-noubouwwa de al-Bayhaqi (l’introduction),
al-Tibyan fi`ouloum al-qour’an p.17. de Nawawi. Celui-ci
dit:”Les savants sont d’accord sur la légitimité
de l’usage de faibles hadiths dans le domaine de travaux vertueux.”
Al-Sakhawi déclara l’opinion du consensus des savants sur
cette question dans l’épilogue de son al-Qawl al-badi`fi
al-salat `ala al-habib al-shafi` (L’admirable doctrine conernant
l’invocation des saluts sur le bien-aimé intercesseur) (Béirut:
dar al-koutoub al-`ilmiyya, 1407/1987) p.245-246.
[158]
T.J Winter, traduction du “Evocation de la Mort” de Ghazali
(Cambridge: Islamic Texts Society,1989), Introduction,p.xxix n.63.
[159]
al-Dhahabi, Mizan al-i`tidal 3:214.
[160]
Al-Ghazali, al-Mounqidh min al-dalal (Damas, 1956) p.40.
[161]
Ibn Hajar al-Haytami, Fatawa hadithiyya (Le Caire: al-Halabi,
1970)p.331.
[162]
Ibn Hajar, Hadi al-sari, éd. Ibrahim `Atwa `Awad (Le Caire,
1963) p.21.
[163]
al-Hakim, al-Madkhal ila ma`rifat al-iklil, éd. &
trad. James Robson, Une introduction à la Science de Tradition
(Londres: Société Royale Asiatique de Grande Bretagne et
Irlande, 1953) p.11.
[164]
al-Sakhawi, al-Qawl al-badi` fi al-salat `ala la-habib al-shafi`(L’admirable
doctrine concernant l’invocation sur le bien-aimé intercesseur)
(Béirut: dar al-koutoub al-`ilmiyya, 1407/1987) p.245-246.
[165]
Ibn Taymiyya, Qa`ida jalila p.82.
[166]
Ibn al-`Arabi al-Maliki, `Aridat al-ahwadhi 5:201.
[167]
Ibn Taymiyya, Qa`ida fi al-tawassoul wa al-wassila, éd. Rabi`a
ibn hadi `Oumayr al-Moudkhali, p.162 (#478).
[168]
Voir l’article de George Makdis dans l’encyclopédie
de l’Islam, 2nd éd., s.v. “Ibn 'Akil.”
©
Encyclopédie de la doctrine islamique, Shaykh Muhammad Hisham Kabbani
suite de
la partie IV
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