Par Mawlana Shaykh Nazim Adil Al-Haqqani Sultan des Saints |

 

  Dastoor ya Rijaal-Allah

 

Aimeriez-vous manger la chair de votre frère mort ? C’est une caractéristique très épouvantable et dangereuse des egos, qui sont la source principale de nombreux troubles pour l’humanité, la fontaine du mal et le « bras des diables » qui pousse les gens les uns contre les autres, détruisant les bonnes relations entre eux. Nous sommes très fiers de notre religion, l’islam, car elle interdit cette caractéristique très mauvaise de l’ego.

Cette caractéristique est la médisance, et elle détruit tout. Elle est fortement interdite par Allah. Mon grand-cheikh dit que nous devons être très prudents à ce sujet. Notre foi (iman) ne grandira jamais si nous ne pouvons pas renoncer à la médisance.

Chaque fois que nous médisons, nous faisons à notre foi ce que l’acide versé sur les racines d’un jeune arbre fait à cet arbre. C’est une action très épouvantable. Grand-cheikh a indiqué le verset suivant du Coran pour montrer combien cela est grave :

« Ô vous qui croyez ! Évitez de trop conjecturer sur les autres. Car une partie des conjectures est un péché. N’espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Vous en auriez horreur. Craignez donc Allah. Certes, Allah est Celui qui accueille le repentir, le Très Miséricordieux. »

Ce verset nous montre combien nous devons détester cette caractéristique et en être dégoûtés : lorsque vous médisez, c’est comme si vous mangiez le cadavre de votre frère.

Pour comprendre ce qu’est la médisance et pouvoir l’éviter, imaginez que vous possédez un défaut que vous détestez et que vous essayez de cacher. Puis quelqu’un vient, le découvre et le rend public avec l’intention de vous rabaisser aux yeux des gens : voilà ce qu’est la médisance.

Vous essayez de cacher vos fautes, mais quelqu’un vient les répandre parmi les gens afin de vous humilier.

Cependant, si vous avertissez quelqu’un afin qu’il ne tombe pas victime d’une personne malveillante, cela n’est pas de la médisance. Au contraire, cela peut être un devoir.

Il faut faire la différence entre deux types de personnes : l’une peut être entraînée vers le mal parce que son ego l’y pousse et qu’elle est trop faible pour résister, mais elle ressent de la honte. L’autre agit consciemment et sans remords. Dans ce cas, il peut être nécessaire d’avertir les autres.

Allah Tout-Puissant lui-même mentionne dans le Coran des exemples comme Abou Lahab, Nimrod, Abou Jahl, Pharaon et Haman, afin de mettre les gens en garde.

Cependant, lorsque nous corrigeons quelqu’un, nous ne devons pas l’humilier directement. Nous devons être délicats et utiliser une approche indirecte.

En turc, on donne l’exemple d’une belle-mère qui voulait corriger un défaut chez sa belle-fille. Pour ne pas l’offenser, elle réprimandait sa propre fille devant elle pour le même défaut. Ainsi, la belle-fille comprenait sans se sentir humiliée.

Il est très important d’utiliser ce type de tactique, surtout à notre époque où les sentiments des gens sont très fragiles. Il faut être très prudent.

Lorsque vous voyez un défaut chez quelqu’un, vous pouvez dire : « Ô mon frère, parfois j’ai tel problème avec mon ego, que puis-je faire ? »

Peut-être répondra-t-il : « Moi aussi j’ai ce problème. » Voilà un véritable conseil et une manière d’apprendre ensemble.

Maintenant nous parlerons des miracles de notre Prophète.

Chaque Prophète a apporté des miracles afin que les gens comprennent qu’il est un messager d’Allah. Le Prophète a dit : « Ceux qui me voient et croient en moi sont bénis, mais encore plus bénis sont ceux qui croient en moi sans m’avoir vu. »

Un jour, alors qu’il était avec ses compagnons, deux hommes vinrent en tenant leur ventre de douleur et dirent : « Ô Messager d’Allah, nous avons une forte douleur à l’estomac, donne-nous un remède. »

Le Prophète répondit : « Vous avez dû manger quelque chose qui vous a causé cela. » Ils nièrent.

Le Prophète leur dit alors de provoquer des vomissements. Lorsqu’ils le firent, ils vomirent de gros morceaux de viande crue et pourrie.

Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, nous jurons que nous n’avons jamais mangé cela. »

Le Prophète répondit : « N’êtes-vous pas passés devant la maison d’une personne et n’avez-vous pas médit d’elle ? Allah n’a-t-il pas dit que celui qui médise mange la chair de son frère mort ? »

Allah ne dit que la vérité, et ceci en est la preuve.

Lorsque quelqu’un médise, il détruit sa propre foi et nuit aussi à celle de la personne visée. Un mauvais courant se propage et apporte l’obscurité.

C’est pourquoi l’islam interdit fortement la diffamation.

Au contraire, lorsque vous parlez en bien d’une personne, un bon courant se propage vers elle et apporte de la lumière à son âme.

Pour cette raison, il est recommandé de faire des invocations (du‘a) pour les gens en leur absence.

Le Prophète a dit que lorsqu’une personne prie pour son frère en son absence, un ange dit : « Et pour toi la même chose. »

Ainsi, les deux en bénéficient. À l’inverse, dans la médisance, les deux souffrent, car l’obscurité descend sur leurs cœurs.

Sans la médisance, les relations entre les gens seraient plus fortes, et Allah serait plus satisfait de nous.

Allah Tout-Puissant a déclaré qu’Il a créé l’homme pour L’adorer. Mais la médisance et les péchés rendent les gens lourds et paresseux dans l’adoration.

La médisance est l’une des raisons principales pour lesquelles les gens négligent leur adoration.

Celui qui médise se comporte comme un juge sans autorité, alors que seul Allah est le Juge des juges.

Allah a créé les gens et c’est Lui qui les juge. Personne n’a le droit de s’arroger cette place.

Allah n’a besoin d’aucun associé, ni d’aucun fils. Son existence est éternelle et sans limite.

Chacun doit donc être très prudent avec la médisance.

Conseil islamique suprême d’Amérique et ordre soufi naqshbandi-haqqani.

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